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École normale supérieure

     
Enseignements

Cours de master et séminaires de recherche


Liberté et déterminisme au XVIIe siècle – Jean-Pascal ANFRAY

S1- Résistants - Lundi 14h-16h
La relation de la liberté humaine avec la nécessité est une question centrale dans la philosophie du XVIIe siècle, moment privilégié où les diverses questions héritées de l’Antiquité et de la période médiévale se croisent avec de nouvelles questions liées à l’émergence de la science moderne. La liberté n’est plus seulement étudiée sous l’angle des rapports avec les éléments déterminants du choix (jugement pratique, passions) ou selon le point de vue de sa conciliation avec la prédétermination par la science et la providence divines. Elle est encore abordée dans son rapport à la causalité physique et au mécanisme qui régit le monde matériel. La controverse entre Hobbes et Bramhall constituera le point de départ d’un parcours qui conduira jusqu’à Leibniz en passant par Descartes et Spinoza.


Métaphysiques arabes et latines – Jean-Pascal ANFRAY et Ziad BOU AKL

S2 - Résistants Mardi 14h-16h
Conçu sous forme de doubles séances, le séminaire porte sur cinq questions métaphysiques du moyen âge : l’éternité du monde, l’ontologie du possible, la causalité, l’atomisme et la liberté. Chaque double séance est consacrée à une question que nous abordons parallèlement dans le monde latin et dans le monde arabe, à travers un auteur ou une série d’auteurs, parfois familiers, parfois beaucoup moins connus (Avicenne, Averroès, al-Ghazali, al-Basri, Thomas d’Aquin, Duns Scot, Ockham et Suárez…) en vue d’examiner, au cours de la discussion, les points communs et les divergences entre ces deux traditions philosophiques et théologiques.


Sur la quantité chez Suárez : matière, étendue et continuité (séminaire doctoral) – Jean-Pascal ANFRAY

S1-S2 – tous les 15 jours
S1 : Jeudi 15h-17h / S2 : Jeudi 16h-18h – salle Pasteur
Première séance S1 : le 24/09 ; première séance S2 : le 21 janvier.
Publiées en 1597 à Salamanque, les Disputationes metaphysicæ de Francisco Suárez contiennent une importante réflexion théorique sur la nature de la substance matérielle qui renouvelle considérablement l’hylémorphisme aristotélicien traditionnel et constitue un pont avec les conceptions modernes. La dispute XL, consacrée à la quantité continue permet d’entrer dans les discussions scolastiques sur le rapport de la matière à l’étendue et à l’impénétrabilité ainsi que sur la composition du continu. Dans le prolongement de l’année précédente, le séminaire poursuit la traduction et le commentaire de cette dispute.


Passions et émotions à l’âge classique III : Passions et discours – Dan ARBIB et Jean-Charles DARMON

S2 – Salle Celan - Jeudi – 10h-12h
Après deux années passées à brosser la configuration générale du traitement des passions à l’âge classique, cette troisième année entreprend d’interroger spécifiquement les rapports entre passions et discours. – S’agissant du discours sur les passions, on s’interrogera sur ses formes, ses genres et ses tons, et on questionnera les effets de migration et de transposition des questions d’une modalité de discours à une autre (par ex., du traité de physique cartésien à la tragédie cornélienne, etc.). – Mais aussi bien ces discours sur les passions révèlent-ils une passion du discours qui se manifeste dans l’art de l’éloquence, la reprise et les transformations de la rhétorique, etc.


Philosophie chrétienne et philosophie grecque – Jonathan BARNES

S2- tous les 15 jours – Salle Pasteur – Jeudi, 16h-18h
Séances les 28/01, 11/02, 11/03, 25/03, 8/04 et 6/05.
Clément d’Alexandrie (floruit c. 200), philosophe et chrétien, a voulu fonder une alliance entre la nouvelle religion et la philosophie antique, surtout en ce qui concerne les questions du savoir et de la connaissance des choses. Clément a présenté son programme dans les Stromates, dont sept livres ont survécus. Attaché au septième livre se trouve une sorte de cahier qui fonctionnait comme ’source’ pour les Stromates et qui contient des extraits copiés par Clément des ouvrages philosophiques grecs. Le séminaire proposera une lecture ponctuelle de quelques parties de ce cahier.


Al-Ghazali – Ziad BOU-AKL

S1 et S2 – Salle Pasteur - Lundi, 16h-18h
Ce cours s’adresse aux étudiants ayant au moins une connaissance de base de l’arabe. L’année sera consacrée à l’Incohérence des philosophes d’al-Ghazālī, célèbre ouvrage critique de la philosophie d’Avicenne et de ses principales thèses métaphysiques, physiques et cosmologiques. Nous en lirons de longs extraits que nous confronterons à certaines sources avicenniennes ainsi qu’à un ensemble de textes issus de la tradition du kalām.


Introduction to philosophy of cognitive science – Denis BUEHLER

S1 – Cours par visioconférence– Vendredi, 17h-19h
This course has three main objectives. First, it aims to provide a foundation in some of the major classical issues in the philosophy of cognitive science. Second, it aims to trace how cognitive science has developed since the 1950s. Third, the course aims to provide a solid foundation in American-style academic writing ; especially argument-analysis, critical discussion, and argument-construction.


Advanced Philosophy of Psychology : Perception, Attention, Thought, and Action – Denis BUEHLER

S2 – Salle à déterminer ou cours par visio-conférence – Vendredi, 14h-17h
In this course we will engage with a series of current debates in analytic philosophy of psychology. We will ask how recent findings in the cognitive science bear on traditional philosophical questions concerning perception, attention, thought, and consciousness.


Séminaire platonicien et néoplatonicien – Pierre CAYE, Luc BRISSON et Philippe HOFFMANN

S1-S2 – Résistants – Lundi, 16h-18h
Calendrier spécifique : Les lundi 5 & 12 octobre ; lundi 9, 16 & 23 & 30 novembre ; lundi 7 & 14 Décembre 2020 ; lundi 4, 11, 18 & 25 janvier ; lundi 1 & 8 février ; lundi 1, 8, 15, 22 & 29 mars ; lundi 12 Avril ; lundi 10, 17 & 31 Mai ; lundi 7 Juin 2021.
Il n’est pas nécessaire de rappeler l’importance qu’occupe encore la philosophie de Platon dans les questions intellectuelles de notre temps qu’elles soient scientifiques, politiques ou philosophiques. Ajoutons que la philosophie de Platon n’a jamais cessé jusqu’à la fin de l’antiquité de se renouveler de façon particulièrement inventive sous diverses formes dont la plus célèbre et la plus problématique est sans aucun doute le néoplatonisme qui constitue à la fois la synthèse de plus de huit siècles de philosophie antique, et la matrice de l’histoire de la philosophie médiévale et moderne. Ce séminaire se propose d’étudier, dans une perspective à la fois d’initiation et de recherche, les principaux textes et les notions fondamentales de ce courant philosophique. Il mettra aussi en valeur la richesse de ses transmissions dans les mondes arabe, byzantin ou latin. Cet enseignement est assuré par un collectif de chercheurs et d’enseignants-chercheurs sous la coordination de Luc Brisson, Pierre Caye et Philippe Hoffmann. Le premier semestre 2020-2021 portera sur la République de Platon, et le second semestre aura pour thème l’Amour. On tentera, au premier semestre, de définir le projet et le plan de la République. Puis on s’interrogera sur l’organisation politique, sur l’âme, et notamment sur le thumos. On évoquera la critique des poètes et le rôle du mythe, en se penchant notamment sur le mythe d’Er. Enfin, on abordera la question du Bien. Et on terminera en suivant l’héritage du dialogue chez les Cyniques et les Stoïciens, chez Proclus, chez Averroès et à la Renaissance. Le second semestre portera sur le thème de l’Amour qui joue évidemment le plus grand rôle dans la tradition platonicienne et néoplatonicienne. Les séances porteront sur Parménide et Empédocle, sur le Phèdre de Platon, sur l’Éros néoplatonicien dans la pensée de Shaftesbury, sur l’Éros chaldaïque, sur l’Amour chez Augustin, chez les platoniciens de Perse, mais aussi dans la tradition de la philosophie médiévale et renaissante (Maimonide, Grosseteste, Dante et Ficin). En principe les séances auront lieu en présence réelle. Mais nous sommes prêts à diffuser ces séances sur internet en temps réel ou en différé.


Art, Technique, Production (ATP), (séminaire doctoral) – Pierre CAYE

S1 et S2 - Salle Pasteur – Vendredi 17h-19h – une fois par mois
Les vendredi 16 octobre, 20 novembre,11 décembre 2020 & 15 janvier, 12 février, 12 mars, 9 avril, 21 mai, 18 juin 2020.
Depuis la synthèse néoplatonicienne, l’être se pense comme production. Cette productivité de l’être est appelée à jouer un grand rôle dans la constitution du monde moderne. Elle rend raison de notre rapport au réel, que celui-ci soit technique, économique, poétique ou artistique. Mais il apparaît aussi qu’il n’y a pas de production sans arrière-monde ou plus simplement sans condition de possibilités non productives de la production. Nous interrogerons à travers ces différentes modalités de la production, artistique, poétique, économique, métaphysique, à travers aussi leurs divergences et leurs convergences, le lien dialectique de la production avec ses autres qui la conditionnent. Ce type de questionnement ayant aussi pour but d’élaborer une critique des changements contemporains du système productif. Le séminaire mensuel entrecroisera les travaux des doctorants avec les recherches en cours de Pierre Caye sur la question. Cette année le cours du premier semestre de Pierre Caye portera sur la notion de Mobilisation totale.


Ethique et politique du dire et de l’écrire (une lecture de Derrida) – Marc CRÉPON

S1 et S2 – Salle Dussane – Lundi, 9h-11h
Au fil conducteur d’une lecture suivie du livre de Derrida, Le Monolinguisme de l’autre, l’objectif de ce cours sera d’interroger notre rapport au langage et aux langues engagées dans une éthique, articulé à une politique. Sur le versant politique, les questions abordées seront aussi bien celles de l’hégémonie des langues dominantes que celle du nationalisme linguistique et de la traduction. Sur le versant de l’éthique, il concernera les questions de l’autobiographie, de la promesse, du témoignage, mais aussi bien de l’hospitalité. Cela impliquera de rayonner dans l’ensemble du corpus derridien, en sollicitant aussi bien quelques-uns des textes fondamentaux de la déconstruction, datant de la fin des années 1960 ou du début des années 1970 que différents essais et séminaires des années 19 80 et 1990, au titre de ce que Derrida a appelé une « éthique hyperbolique ». On accordera une attention particulière au dialogue de Derrida avec les poètes, à commencer par Paul Celan.


Ecdotique des textes philosophiques – Tiziano DORANDI

S1- salle Pasteur - Mardi 14h-16h (calendrier spécifique : 29 septembre / 06 et 13 octobre / 03, 10 et 17 novembre)
Thème : Platon et Épicure dans le témoignage des poètes comiques.
Nous lirons à chaque fois un texte en le traduisant et en le commentant du point de vue ecdotique. Après une introduction générale, nous nous arrêterons en particulier sur les témoignages du poète Épicharme de Syracuse à propos de l’accusation de plagiat dont on accusait Platon. Nous passerons ensuite à deux témoignages sur Épicure critiqué par les poètes comiques Damossène et Alexis.


Percepts et concepts – Paul ÉGRÉ

S1- Résistants - Mardi, 14h-16h
Le séminaire prendra pour fil directeur le livre d’Austen Clark, Sensory Qualities (1991), et vise à discuter l’articulation entre perception et cognition. Nous nous intéresserons au lien entre qualités sensorielles (auditives, visuelles, etc) et catégories lexicales (lien entre percepts et concepts, prototypes et stéréotypes). Le séminaire donnera l’occasion de lire certains textes fondateurs sur la définition des qualia (Carnap, Goodman, Wittgenstein) mais aussi des travaux plus récents sur les espaces de qualité et la constitution des concepts (Rosch, Gärdenfors, Hampton, Raffman, Douven). Nous discuterons également des liens entre discrimination et catégorisation, et du rapport entre l’ambiguïté perceptive et le vague des concepts.


Les lois de l’attraction (1) : amour et amitié dans les dialogues érotiques platoniciens (Lysis, Banquet, Phèdre) – Dimitri EL MURR

S1 – Salle Dussane – Mercredi, 16h-18h
Comment Platon conçoit-il l’amour et l’amitié, leur spécificités et leur différences ? Comment la philia et l’erōs s’articulent-ils à sa conception de la motivation et du désir humains ? Pour répondre à ces questions, il s’agira non seulement de lire de près les trois dialogues érotiques platoniciens (Lysis, Banquet et Phèdre), mais également d’examiner la place de la philia et de l’erōs dans la pensée présocratique et chez les socratiques, afin de mettre en lumière ce qu’inaugure l’érotique platonicienne et ce dont elle hérite.


Les lois de l’attraction (2) : amitié civique et démiurgie politique chez Platon (République, Politique, Timée, Lois) – Dimitri EL MURR

S2 - Salle des Actes – Jeudi, 11h-13h
Le Lysis, le Banquet et le Phèdre ne sont pas les seuls dialogues où Platon traite de l’amitié (philia). Dans les trois grands dialogues politiques que sont la République, le Politique et les Lois, la philia joue un rôle prépondérant. Platon y met notamment en évidence que l’amitié et la concorde civile vont de pair, et que la philia est un élément indispensable à l’harmonie interne de la cité, donc le remède principal au plus grand risque encouru par la communauté politique : la stasis, ou guerre civile. Ce cours cherchera à dégager les grands principes qui président à l’analyse platonicienne du lien amical comme lien social en montrant les convergences et les tensions entre la République, le Politique et les Lois à ce sujet, et les différences essentielles entre l’approche de Platon et celle d’Aristote. L’une de ces différences tenant à l’articulation de la politique à la cosmologie, soutenue par Platon mais rejetée par Aristote, il s’agira aussi d’interroger le Timée et ce qu’il peut nous apprendre de la fonction démiurgique de la politique selon Platon.


Platon, Ménon (3e année), (séminaire doctoral) – Dimitri EL MURR

S2 – Salle Pasteur – Mercredi, 14h-17h (Calendrier spécifique : 1ère séance : 3 mars 2021)
Destiné aux doctorants et aux étudiants avancés, ce séminaire (3ème année) est consacré à la traduction et au commentaire du Ménon de Platon. Le texte grec utilisé est celui de l’édition Burnet publié dans la collection Oxford Classical Text et sera distribué lors de la première séance. Le séminaire accueillera également, si la situation le permet, plusieurs invités pour des communications sur tel ou tel aspect du Ménon. Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi les deux premières années du séminaire. La connaissance du grec ancien est requise.


Animaux, animalité et vie animale : regards sur les constructions de l’animal dans l’Antiquité – Dimitri EL MURR (Philosophie) et Jean TRINQUIER (DSA)

S2 – Résistants – Jeudi 15h-17h
Ce séminaire (validable en tant qu’expérience transdisciplinaire dans le cadre du DENS) sera consacré à l’animal dans l’Antiquité et se concentrera sur deux vastes questions : la construction d’une catégorie de l’animal exclusive de l’homme d’une part, la structuration du bestiaire dans les cultures antiques d’autre part. Ces deux questions nous amèneront à nous intéresser plus précisément à la hiérarchisation du vivant et à sa classification dans l’Antiquité, en prenant en compte l’ensemble des sources disponibles, notamment les textes philosophiques. Ce séminaire sera l’occasion, en associant nos deux départements, de croiser les approches de l’histoire de la philosophie, de l’histoire culturelle et de l’ethnobiologie. Il s’agira également de montrer comment ces réflexions sur l’Antiquité s’ancrent dans des débats tout à fait contemporains et dans les travaux de chercheurs en philosophie, phénoménologie et en anthropologie consacrés à la question de la vie animale.


Adorno (introduction à) – Victor FRANGEUL-BARON

S1 – Résistants – Lundi – 10h-12h
Ce cours d’introduction à Adorno, quoique validable séparément au S1, s’envisage comme le premier moment d’une présentation de l’école de Francfort. Pour cette raison, la pensée d’Adorno sera étudiée sous l’angle de la « philosophie sociale » (Sozialphilosophie) selon quatre axes correspondants peu ou prou à quatre périodes de son activité philosophique. Tout d’abord, deux séances situeront les enjeux critiques de sa philosophie dans le champ intellectuel allemand de l’époque. On étudiera ensuite la critique de la société telle que mise en place dans la Dialectique de la raison, collaboration de Horkheimer avec Adorno et grand jalon de l’histoire de la Théorie critique. Un troisième moment, de critique gnoséologique, articulera l’épistémologie de la sociologie à la querelle du positivisme (Positivismusstreit), qui a affronté Adorno et Habermas à Popper et Hans Albert. Pour finir, on interrogera les apports positifs de la pensée adornienne en examinant la Dialectique négative et la Théorie esthétique dans le contexte du soupçon habermassien d’une possible résignation du dernier Adorno quant à la critique sociale.


Esthétique/Aisthétique – Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK

S1 – Résistants - Mardi – 12h-14h
Sous le nom d’esthétique, on a pu entendre aussi bien un savoir sur le beau, ou une étude des arts, qu’une science de la sensation. En établissant quelques stations d’une histoire germanophone de l’esthétique comme aisthetique, ce cours donnera des repères, de A. G. Baumgarten aux esthétiques actuelles des atmosphères (G. Böhme), en passant notamment par Herder, Gustav Fechner ou l’esthétique de l’empathie de Theodor Lipps. Une bibliographie détaillée sera distribué en début de semestre.
Ouvert à tous, ce cours intéressera plus particulièrement les élèves du Département de philosophie, du DHTA, du Département ou de la Mineure Etudes germaniques. Il n’est pas nécessaire d’être germanophone.


Foi, savoir, philosophie : une question de la philosophie allemande classique – Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK

S2 – Résistants – Mardi – 12h-14h
L’un des axes centraux de réflexion et de confrontation des protagonistes de la philosophie allemande classique (idéalisme et romantisme allemands) au début du 19e siècle est donné dans l’interrogation sur la possibilité d’un savoir du divin, sur la fonction d’un tel savoir pour la philosophie, et enfin sur son rapport à la foi ou croyance. Loin de signer une régression en deçà du kantisme, cette question transversale apparaît comme une pierre de touche de la différenciation des idéalismes postkantiens, qui ne peuvent manquer de prendre position face à l’alternative posée par F. H. Jacobi entre un rationalisme qui aboutirait au nihilisme, et un fidéisme irrationnel. Le cours posera des jalons quant à l’histoire et aux enjeux philosophiques de ce problème. Ce cours de Master s’adresse plus particulièrement aux philosophes et aux germanistes intéressés par la philosophie. Une bibliographie détaillée sera distribuée en début de semestre.
Jacobi, Lettres à Moses Mendelssohn sur la doctrine de Spinoza, in : Œuvres philosophiques, éd par J. J. Anstett, Paris, Aubier-Montaigne, 1946.
Jacobi, Des Choses divines et de leurs révélations, Paris, Vrin, 2008.
Fichte, Initiation à la vie bienheureuse, Paris, Vrin, 2013.
Schelling, Philosophie et religion, Hildesheim, Olms, 2009.
Hegel, Foi et savoir, Paris, Vrin, 1988.
Walter Jaeschke (éd.), Der Streit um die Göttlichen Dinge 1799-1812, Hambourg, Meiner, 1999.


Philosophies et esthétiques de l’espace autour de 1900 – Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK et Isabelle KALINOWSKI

Calendrier : 28 janvier, 4 février, 25 mars, 1er avril, 6 mai, 20 mai
Selon les circonstances sanitaires les séances auront lieu :
OU en présence : dans ce cas 9h-13h le jeudi matin rue d’Ulm
OU en ligne : dans ce cas 10-12h puis 14-16h
Dans les cinq ou six décennies entourant 1900 se développe dans l’espace germanophone, à la croisée des sciences, de la philosophie, de l’histoire et de la théorie des arts, une réflexion sur l’espace et sa construction ou constitution dans la perception et dans l’affect. Ce séminaire interdisciplinaire (esthétique, histoire de l’art, philosophie, études germaniques) se donne pour but de poser, à partir de recherches et de traductions en cours, des jalons quant à plusieurs questions centrales : comment la pensée de l’espace articule-t-elle les deux sens de l’esthétique – science du beau et de l’art, science de la perception ? Quelles circulations de concepts s’opèrent entre psychologie, histoire et théorie de l’art, esthétique philosophique au sujet de l’espace vécu et de la construction spatiale dans les arts (sculpture et architecture notamment) ? Comment concevoir la relation entre détermination aisthétique et détermination historique de la spatialité ? entre approche physiologique et approche psychique du rapport à l’espace ? Parmi les auteurs abordés : Gottfried Semper, Adolf von Hildebrand, August Schmarsow, Theodor Lipps, Heinrich Wölfflin, Wilhelm Worringer, Georg Simmel, Carl Einstein, Max Raphael, Ernst Cassirer ; parmi les thèmes : la pluridimensionnalité dans l’expérience de l’espace ; l’angoisse spatiale ; forces et formes ; la formation de l’espace architectural, etc.
Jeudi 28 janvier : Introduction (MGS, IK) / Gottfried Semper (IK)
Jeudi 4 février : Heinrich Wölfflin : psychologie de l’architecture (MGS) / Adolf von Hildebrand et la tridimensionnalité (MGS, IK)
Jeudi 25 mars : L’esthétique de l’espace de Theodor Lipps (MGS) / L’architecture, créatrice d’espaces : August Schmarsow et sa postérité en histoire de l’art (MGS, Emilie Oléron Evans)
Jeudi 1er avril : Wilhem Worringer : angoisse spatiale et abstraction (MGS) ; L’espace de la gravure allemande (IK) / Georg Simmel et l’idée d’une sociologie de l’espace (Céline Trautmann-Waller)
Jeudi 6 mai : Sur l’idée d’un espace sonore : Helmholtz, Boulez, Husserl (J.-B. Fournier, J. Farges) / Espace mythique, esthétique, scientifique selon Cassirer (R. Mermet)
Jeudi 20 mai : L’espace chez Carl Einstein (IK) / Max Raphaël et l’architecture d’André Lurçat (Estelle Thibault)


Introduction à une œuvre : J. Dewey, Expérience et natureMathias GIREL

S2 – (à partir du 4 mars 2021 et jusqu’à fin mai) – Résistants - Jeudi 13h-15h
Ce cours consistera, après un module d’introduction, en une introduction aux deux notions d’expérience et de nature et s’appuiera sur des commentaires d’extraits provenant de chapitres d’Expérience et nature, avec une attention soutenue aux cinq premiers ce semestre. Le cours porte sur des textes traduits en français et ne suppose pas de connaissances de la langue anglaise. Il ne suppose pas non plus de connaissances sur John Dewey et le courant pragmatiste. Il se veut donc précisément une introduction aussi bien (1) à cet auteur qu’à (2) la notion d’expérience et à (3) la notion de naturalisme, qui prend chez lui le nom de « naturalisme empirique ».


Quand l’ignorance stimule la science – Mathias GIREL, Emmanuel BASSET et Alain FUCHS

S2 – U209 (29, rue d’Ulm) – Vendredi 10h-12h
La recherche observe, explique, prédit, prouve. Mais, tout autant, elle hésite, doute, tâtonne. Elle se nourrit d’ignorance, puisqu’elle nait de toutes les questions encore irrésolues que se posent les chercheurs du monde entier. Mais elle produit aussi de l’ignorance, puisque chaque découverte, chaque nouveau résultat pose de nouvelles questions et ouvre des voies parfois inconnues. Nous voulons souligner la valeur scientifique de l’ignorance en lui consacrant un séminaire accessible à tous les étudiants de PSL intéressés par les métiers de la recherche. Des chercheurs de très haut niveau, venant de toutes les disciplines, exposeront leur vision et leur pratique de l’ignorance. Ce séminaire proposera ainsi une réflexion ouverte sur l’activité scientifique à partir d’une question commune à toutes les disciplines. Aucun prérequis scientifique n’est nécessaire pour suivre le séminaire.


Égalité et justice. Rawls et ses critiques – Florent GUÉNARD

S2 – Salle Jaurès (29, rue d’Ulm) – lundi, 9h-11h
Rawls explique dans la Justice comme équité que sa théorie de la justice développée dans son ouvrage de 1971 n’a comme autre fin que de lutter contre les inégalités des sociétés libérales contemporaines. Il l’affirme notamment contre tous ceux qui, dès la parution de la Théorie de la justice, n’ont cessé de souligner que le philosophe américain sacrifiait l’égalité à l’efficacité, considérant qu’il fallait pour qu’une société produise que les individus soient mus par l’espoir de devenir plus riches. Ce cours, qui proposera une lecture de la Théorie de la justice, s’interrogera sur ces différentes propositions.
Bibliographie (provisoire) :
Rawls J., Théorie de la justice, trad. C. Audard, rééd. Points Seuil, 2009. Rawls, J., La Justice comme équité, tard. B. Guillarme, rééd. Paris, La Découverte, 2008.


Le courage de penser : l’andreia chez Platon et Aristote – Paul GUERPILLON et Marion KRAFFT

S2 – Résistants – lundi 14h-16h
Du héros d’Homère qui prouve sa valeur au travers de ses exploits à l’hoplite qui doit « tenir son rang », c’est en contexte militaire que le courage (ἀνδρεία) a trouvé son paradigme. Après avoir reconstitué cette pensée grecque du courage que Platon investit et subvertit tout à la fois, il s’agira d’analyser la façon dont dès le Lachès, les Dialogues s’emploient à déplacer cette vertu du champ de bataille au discours, et substituent ainsi au modèle du guerrier la figure du philosophe. Ce n’est qu’à l’aune d’un tel déplacement qu’on saisira la place du courage dans les textes politiques (République, Lois, Politique) : il ne peut être que le résultat d’une éducation visant à dépasser l’opposition des tempéraments modérés et ardents sous la direction d’un logos philosophique. Nous verrons enfin comment, dans l’Éthique à Nicomaque et l’Éthique à Eudème, Aristote produit une critique virulente d’une telle intellectualisation du courage, interdisant qu’on le réduise à une forme d’expertise. C’est ainsi la signification précise de l’ « intellectualisme » socratique que les textes d’Aristote nous invitent à réinterroger : sous le masque de l’expertise, n’est-ce pas la dimension de l’épreuve et de l’effort propre à la pensée qui se trouve finalement occultée ? Depuis ses précédents archaïques jusqu’à sa remise en cause par Aristote, c’est cette figure singulière du courage de penser que ce cours voudrait faire émerger.


Séminaire Art, Création, Cognition – Claude IMBERT et Ségolène LE MEN

S1-2 - 1 séance par mois – Mercredi, 15h-18h (La liste des intervenants et la date des séances seront confirmées lors de la première séance)
Thème de l’année : Arts visuels et figures de l’écrit : sur quelques convergences récentes.
Poursuivant, tout en l’élargissant, le programme entrepris l’an dernier sur les transformations des relations entre art et littérature dans le livre d’artiste depuis Mallarmé, ce séminaire interdisciplinaire et interprofessionnel, croisant Histoire de l’art, Lettres, Philosophie et Métiers du livre, vise à questionner les relations entre arts visuels et figures de l’écrit dans la période contemporaine. Les invités (enseignants-chercheurs, conservateurs, artistes du livre ) présenteront leurs recherches en cours à partir d’un corpus varié et selon des études de cas, parfois en lien avec des expositions proches, comme Bacon (2019) ou Turner (2020). Ce programme est relié à celui des Bibliothèques d’artistes. Y seront abordées des thématiques telles que celles du design du livre, des écrits de peintres, des maisons musées, des bibliothèques de peintres ou de musiciens, de l’exposition de la littérature quand le livre se fait objet d’art mais aussi les ateliers et les archives. Le spectateur, associant mémoire visuelle et lecture, sollicité par d’autres émotions et d’autres postures, alternant l’usage de l’écran et la présence de l’œuvre, lui-même immobile ou engagé dans un parcours, est un paramètre essentiel de ce processus. Sa transformation est partie intégrante de notre programme.
Renseignements : claude.Imbert@ens.fr / segolene.lemen@gmail.com
1 ère séance : mercredi 7octobre 2020 , Salle Aïssa Djebar (à confirmer)
Claire Brunet (ENS Cachan) et Catherine Geer (Commissaire de la triennale de Milan) : Pour une histoire du design
Elodie Boyer et Sébastien Morlighem :« Le design du livre : les Éditions Non Standard »
Table ronde : modération par Anne Sophie Aguilar (Pôle Métiers du livre, Université Paris Nanterre)


Problèmes d’éthologie philosophique -Dominique LESTEL

S1 – Salle Pasteur – Mercredi, 17h-19h
L’éthologie philosophique peut être considérée au premier abord comme une radicalisation de l’anthropologie philosophique. Elle aborde les enjeux philosophiques des communautés hybrides humains/autres-qu’humains (animaux, végétaux, champignons, artefacts « autonomes », fantômes, etc.). Elle conceptualise ce que signifie « être humain » ou « être vivant » dans une perspective écologique et évolutionniste, sans s’y réduire pour autant : que signifie faire partie d’une espèce du point de vue de la première personne ? Un humain peut-il « comprendre » des êtres vivants qui ne font pas partie de la même espèce que lui ? Peut-on changer d’espèce ? Existe-t-il des agents vivants qui ne soient pas d’espèce ?


Hyper-futur et Hyper-passé – Dominique LESTEL

S1 – salle Pasteur – Mercredi 14h-16h
L’Hyper-futur, c’est le futur dans plus de 100 000 ans. Comparée à l‘Histoire connue (moins de 10 000 ans), c’est énorme. Comparée à l’Histoire du vivant sur Terre (plus de 3 milliards d‘années), c’est peu. Entre les deux, le genre Homo (dont font partie les humains) émerge il y a 2,5 millions d’années. Dans quelle mesure la philosophie peut-elle penser l’Hyper-futur et l’Hyper-passé et que signifie le faire ? Un grand nombre de philosophes et théoriciens ont abordé cette question de l’Hyper-futur et je me restreindrai aux 20e et 21e siècles : R. Ruyer, L. Fedorov, J. Leslie, etc. Ce séminaire sera aussi l’occasion de penser comment la philosophie peut se compromettre avec la science-fiction, aussi bien comme genre littéraire que comme façon de penser.


La pensée anarchiste contemporaine – Dominique LESTEL

S1 – Salle Assia Djebar (29, rue d’Ulm) – Jeudi 14h-16h
Ce séminaire se situe dans le prolongement de celui de l’an dernier. La pensée anarchiste contemporaine (après la 2e Guerre Mondiale) est d’une très grande richesse et d’une exceptionnelle créativité. Au 21e siècle elle connait un renouveau spectaculaire après les impasses dans lesquelles se sont engagées les pensées néo-libérales et socialistes. Les technologies émergentes comme l’IA ou internet transforment profondément l’espace du politique, (comme on l’a vu par exemple avec Snowden et Assange), et des concepts nouveaux s’imposent progressivement. Après une introduction synthétique à la pensée anarchiste contemporaine, nous explorerons cette année la « pensée anarchiste post-anarchiste » (Lewis Call, Saul Newman, etc.) et la notion problématique et fascinante de « Zone d’Autonomie Temporaire ».


Séminaire doctoral – Dominique LESTEL

S1et S2 – Salle Jean-Paul Sartre – jour et horaires à préciser avec D. Lestel
Ce séminaire fermé (réservé à mes doctorants et mastériens mais potentiellement ouverts à quelques autres étudiants après entretien) a un double objectif : créer un espace de travail fécond pour les travaux étudiants et discuter des auteurs qui permettent d’inventer une nouvelle façon de faire de la philosophie dans une perspective à la fois critique et évolutionniste.


Le mal dans la philosophie moderne : Leibniz, Rousseau, Kant – Elena PARTENE

S2 – Salle Dussane– Vendredi, 14h-16h
Ce séminaire se proposera d’étudier les différentes figures du mal à travers un corpus insistant tantôt sur sa dimension métaphysique (la finitude de la créature), tantôt sur sa dimension morale (la faute), tantôt sur sa dimension physique (la souffrance, la maladie, la misère). Nous nous attarderons entre autres sur la Théodicée de Leibniz, le Second Discours de Rousseau et la Religion dans les limites de la simple raison chez Kant. Il s’agit de voir quels sont les différents regards posés par la modernité sur ce qui défie la raison.


La révolution scientifique – Sophie ROUX

S1- Jeudi 14h-16h – cours par visioconférence
Ce cours, ouvert aux étudiants littéraires et scientifiques, porte sur la Révolution scientifique du XVIIe siècle. Nous commençons par examiner la construction historique et philosophique de la notion de « Révolution scientifique », puis les critiques qu’elle a suscitées à partir des années 1980, ce qui élimine toute conception substantielle de la Révolution scientifique. Nous pouvons alors lire les œuvres d’un certain nombre de savants (Copernic, Kepler, Bacon, Galilée, Descartes, Newton : c’est variable selon les années), comprendre comment ils concevaient et pratiquaient la science, et pourquoi leurs œuvres ont été l’objet d’interprétations si différentes. Les étudiants littéraires découvrent que des auteurs bien connus ont écrit des œuvres qu’ils ne connaissent pas (par ex. les Météores de Descartes), les étudiants scientifiques s’aperçoivent des difficultés matérielles et intellectuelles qui ont été surmontées pour établir un résultat aujourd’hui trivial (par ex. la loi de la chute des corps). Les uns et les autres s’initient à la philosophie des sciences via l’histoire des sciences.


Les jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences (S2) – Sophie ROUX

Avec Marie-Pia DONATO
S2 – Résistants - Jeudi 17h-19h
Les Jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences propose aux étudiants littéraires et scientifiques une série de conférences qui offre un large panorama des recherches en histoire et philosophie des sciences, ces dernières étant entendues au sens large, de manière à aller jusqu’à la sociologie des sciences, à l’anthropologie des sciences, ou à certains aspects des sciences cognitives. Les conférenciers sont invités à recommander la lecture d’un de ses articles ou livres récents, qui est posté sur le site du séminaire pour que tous les participants puissent le lire à l’avance. La séance se déroule de la manière suivante : le conférencier présente le travail en question ; un des organisateurs en fait un bref commentaire ; une discussion informée a finalement lieu. Le programme changeant chaque année, il est possible suivre plusieurs années de suite ce séminaire pour acquérir une véritable culture en histoire et philosophie des sciences.


Séminaire Mathesis – Sophie ROUX et Jean-Pascal ANFRAY

S1-S2 – Salle Pasteur –Jeudi 12h-14h (ts les 15jrs)
Le Séminaire Mathesis est l’occasion pour les membres de l’équipe Mathesis de la République des savoirs, enseignants-chercheurs aussi bien que doctorants, de présenter leurs travaux, de discuter des articles importants et d’organiser des conférences avec les collègues de passage à Paris. Étant donné ce que sont les recherches des membres de Mathesis, les recherches présentées dans ce séminaire relèvent de l’histoire de la philosophie moderne et de l’histoire et de la philosophie des sciences. Il est ouvert aux étudiants de Master qui souhaiteraient participer à un séminaire de recherche. Les séances sont consacrées soit à discuter des travaux en cours, soit en des conférences invitées. Le programme définitif sera annoncé et mis à jour ici : https://mathesis.hypotheses.org/


Gassendi et Descartes : le dialogue de la chair de l’esprit – Sophie ROUX et Delphine BELLIS

S1- Mardi 16h-18h – Cours par visio-conférence
Ce séminaire entièrement virtuel porte sur la réception des Meditationes de prima philosophia par Gassendi. Embrassant la séquence qui, passant par les Cinquièmes Objections et les Cinquièmes Réponses, mène des Meditationes à la Disquisitio metaphysica, il entend prendre au sérieux les objections qu’un philosophe aujourd’hui peu étudié a adressé à d’importantes thèses de la métaphysique cartésienne : la possibilité de recourir à un doute méthodologique, les preuves d’existence, l’appréhension de l’infini, la distinction réelle de l’âme et du corps, l’immatérialité de l’âme. D’un point de vue méthodologique, on cherchera à comprendre comment une controverse conduit des philosophes à faire évoluer leurs positions, qu’il s’agisse de les clarifier, de les approfondir, de les radicaliser ou même de les modifier. Après deux séances d’introduction par les organisatrices, chaque séance consistera en un bref exposé par un conférencier invité suivi d’une longue discussion avec les organisatrices et les participants. Le texte de l’exposé et les passages de la Disquisitio ayant été diffusés à l’avance, l’objectif d’une séance ne sera pas de prendre connaissance d’une question, mais d’approfondir sa compréhension grâce à la discussion.


Écrire la philosophie à l’âge classique – Sophie ROUX

S2 – Résistants - Vendredi 10h-12h
Le XVIIe siècle a été un âge inventif du point de vue des doctrines philosophiques et scientifiques, mais aussi quant à la question de savoir comment écrire la philosophie, y compris ce qu’on appelait alors la philosophie naturelle. À l’exercice monolithique du commentaire scolastique succèdent quantité de genres littéraires : le dialogue (Dialogues sur les deux grands systèmes du monde de Galilée, Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle), le récit autobiographique ou les mémoires (Discours de la méthode, multiples Mémoires), les vies de philosophes (avec, par exemple, de Gassendi, les De Vita, moribus, et doctrina Epicuri libri octo, ou, de Baillet, la Vie de Monsieur Descartes), le récit ou le traité expérimental (chez Pascal en France ou Boyle en Angleterre), les voyages dans les cieux (Le Somnium de Kepler, le Voyage du monde de M. Descartes de Gabriel Daniel), etc. L’objectif du cours est d’étudier quelques-unes de ces formes, sans pour autant oublier au passage les contenus doctrinaux, ce qui permettra d’examiner non seulement les accords, mais aussi les tensions ou les accommodations qui peuvent exister entre ces formes et ces contenus.


Les jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences(S1) –Stéphanie RUPHY

Avec S. Ducourant
S1 – Résistants – Jeudi 16h-18h
Les Jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences propose aux étudiants littéraires et scientifiques une série de conférences qui offre un large panorama des recherches en histoire et philosophie des sciences, ces dernières étant entendues au sens large, de manière à aller jusqu’à la sociologie des sciences, à l’anthropologie des sciences, ou à certains aspects des sciences cognitives. Les conférenciers sont invités à recommander la lecture d’un de ses articles ou livres récents, qui est posté sur le site du séminaire pour que tous les participants puissent le lire à l’avance. La séance se déroule de la manière suivante : le conférencier présente le travail en question ; un des organisateurs en fait un bref commentaire ; une discussion informée a finalement lieu. Le programme changeant chaque année, il est possible suivre plusieurs années de suite ce séminaire pour acquérir une véritable culture en histoire et philosophie des sciences.


Valeurs en science, valeur de la science –Stéphanie RUPHY

S1 – Résistants – Mardi 16h-18h
Le fil conducteur de nos réflexions sur les évolutions des interactions entre science et société sera dans ce cours celui des valeurs. Il s’agira de s’interroger, du point de vue de la philosophie des sciences, sur le rôle joué par des valeurs culturelles, sociales et politiques dans la recherche scientifique. L’inclusion de telles valeurs « contextuelles » constitue-t-elle nécessairement une menace contre l’objectivité de la science ? Autrement dit, dans quelle mesure la science doit-elle être indépendante et autonome pour conserver sa crédibilité et son autorité épistémique ? Plus spécifiquement, le cours abordera par exemple la question de l’impact de la « commercialisation » de la science sur les normes traditionnelles de la recherche scientifique.


La question de l’unité ou de la pluralité des sciences : enjeux épistémiques et métaphysiques – Stéphanie RUPHY

S2 – Résistants – Mardi 16h-18h
A partir d’une réflexion portant sur la coexistence de plusieurs façons de procéder pour produire des connaissances sur le monde, ou plusieurs styles de raisonnement selon la terminologie de Ian Hacking, ce cours abordera le débat contemporain sur l’unité ou la pluralité des sciences, interrogeant en particulier ses enjeux épistémiques et métaphysiques. Nous aborderons, entre autres, la question de la possibilité de tirer du succès ou de l’échec de programmes réductionnistes en science des leçons ontologiques sur l’ordre ou le désordre du monde, ou encore celle de savoir quelle attitude épistémique adopter dans les situations, très courantes en science, où coexistent plusieurs représentations incompatibles d’un même phénomène.


Construction et rôle de l’expertise scientifique en démocratie – Stéphanie RUPHY

S2 – Salle Pasteur – Mercredi 10h-13h
Ce séminaire se propose d’interroger, du point de vue de la philosophie des sciences et de l’épistémologie sociale, la nature et le rôle de l’expertise scientifique dans nos sociétés démocratiques. Seront abordées, entre autres, les questions suivantes : Comment, et sous quelles conditions, la dépendance épistémique aux experts d’un sujet connaissant est-elle justifiée ? Sur quoi reposent l’autorité épistémique de l’expert et sa reconnaissance dans l’arène publique ? L’objectivité attendue de l’expert scientifique engagé dans un débat public est-elle du même ordre que l’objectivité attendue du chercheur dans son laboratoire ? Quels modes d’articulation peut-on envisager entre expertises scientifiques et savoirs dits « profanes » ?
Les travaux se nourriront également de l’analyse de situations concrètes d’interactions entre experts scientifiques et d’autres composantes de la société (décideurs politiques, associations de citoyens, etc).


Éléments de philosophie européenne : le problème de l’histoire – Perrine SIMON-NAHUM

S1- Résistants - Mardi 10h-12h
On débutera cette année un cycle de plusieurs années consacré aux problématiques philosophiques qui constituent un espace de débat proprement européen (la langue, la politique, l’histoire). Dans ce cadre, l’histoire s’impose comme un problème central, entendue comme une pensée de temporalités et d’identités croisées. On s’intéressera aux formulations qu’en ont donné les philosophes du XVIIème et XVIII siècles depuis Vico, Spinoza ou Voltaire jusqu’à aujourd’hui, en passant par Kant, Herder, Hegel ou Nietzsche, mais également Croce, Cassirer, Heidegger ou Patocka. Le cours envisagera également le récit de l’histoire comme pratique herméneutique en abordant notamment les œuvres de W. Benjamin, R. Koselleck ou de la microstoria autour de C. Ginzburg.


Lectures d’Hannah Arendt – Perrine SIMON-NAHUM

S2 – Résistants – Mardi, 10h-12h
L’œuvre d’H. Arendt (1906-1975) est incontournable dans la philosophie du XXème siècle. Celle-ci ne se contente pas d’interroger les ruptures majeures qu’a connues celui-ci autour des totalitarismes, des nationalismes ou des révolutions. Elle engage une relation singulière à l’histoire de la philosophie qu’elle-même convoque (que faire de l’héritage de Heidegger ? quel rôle joue le dialogue philosophique ? quelle place pour une philosophie politique ? ) ou dans l’attention qu’elle porte au dialogue entre philosophie et sciences sociales. Elle ouvre enfin sur la reformulation des questions contemporaines qu’elle a contribué à fonder (autour de la nation, de la vulnérabilité, de la langue ou des apatrides).


Philosophie morale et politique du néoplatonisme : une initiation par les textes – Stéphane TOULOUSE

S1- Salle Pasteur – Jeudi, 17h-19h
Le cours présentera, à travers des lectures de textes, la manière dont le néoplatonisme, dans une forme de tension qui lui est propre, articule sa réflexion éthique et politique avec sa conception de la remontée de l’âme vers le principe ultime, l’Un, et avec un autre impératif, issu d’une nécessité, l’action de sollicitude providentielle que l’âme, troisième et dernier principe, doit assumer quand elle descend dans le cosmos et le monde sensible. On n’éludera pas la confrontation du philosophe néoplatonicien avec la réalité politique, ou avec l’éthique pratique, pour donner un aperçu plus complet et plus concret de ces doctrines. On ira de Plotin à Simplicius (VIe s.), en passant par Thémistios, Julien l’Empereur et Proclus, notamment.


Droits, vie, et société : la démocratie concrète dans la philosophie française des année 1980 en France (Lefort, Gorz, Castoriadis) – Frédéric WORMS

S1 – Salle des Actes – Lundi, 15h-16h30
La mutation des années 80 en France n’a pas vu seulement le passage de la question du langage à celle du vivant, mais aussi d’une critique à une défense de la démocratie qui a été moins encore interrogée que la première et sur laquelle il est urgent de revenir aujourd’hui. Par-delà les polémiques qui ont marqué dans ce domaine aussi le passage d’un moment philosophique à un autre, des œuvres singulières, encore souvent méconnues, parce que prises dans cette transition critique en philosophie comme en politique, ont élaboré des catégories qui redeviennent aujourd’hui centrales. Le but du cours sera de les étudier pour elles-mêmes et dans leur effet d’ensemble, en relation aussi avec les œuvres dont elles s’inspirent (Sartre, Merleau-Ponty), leurs relations indirectes avec celles qui se renouvellent de l’intérieur au même moment (Foucault, Derrida) et leurs relectures en cours aujourd’hui. Ainsi les œuvres de Claude Lefort, André Gorz et Cornelius Castoriadis seront-elles le carrefour de cette étude de philosophie française contemporaine.


La santé publique : une catégorie éthique et politique nouvelle et globale dans le moment du vivant – Frédéric WORMS

S2 – Salle des Actes – Lundi, 15h-16h30
Après l’étude en 2020 de la « question philosophique du minimum vital », nous poursuivrons cette année la recherche en cours sur les catégories éthiques et politiques du Moment du Vivant à travers la notion de « santé publique » et les problèmes philosophiques qu’elle soulève, renouvelés et relancés bien sûr par l’épreuve de la pandémie-confinement et leurs traces, mais qu’il faut aussi étudier pour eux-mêmes. Qu’entend-on exactement par « santé publique » ? Jusqu’où s’étendent les questions recouvertes par cette notion, et cela aussi bien en compréhension qu’en extension, c’est-à-dire dans les domaines politiques mais aussi les niveaux d’application concernés ? Ne vont-ils pas au-delà de la politique de santé pour couvrir toutes les questions éthiques et politique du moment et au-delà du cadre national pour concerner le cadre international et global ? L’étude de cette notion sera menée à travers une problématisation philosophique générale, mais aussi l’approche des textes normatifs médicaux, juridiques, environnementaux, politiques, et celle de cas précis (la pandémie, la prévention, le numérique, les risques écologiques notamment).