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École normale supérieure

     
Enseignements

Cours de master et séminaires de recherche


Introduction à la Métaphysique d’Avicenne – Mali ALINEJAD ZANJANI
S1 – Mardi 8h30-10h30 – Résistants
La pensée du philosophe et médecin Avicenne (Ibn Sīna, 980-1037) a eu une profonde influence sur la pensée latine médiévale, à partir du XIIe siècle et a joué un rôle central jusqu’à la Renaissance. Ce cours procèdera à la mise en contexte, à la lecture et au commentaire des passages-clefs de la Métaphysique (al-Ilāhiyyat) au sein de sa somme philosophique, le Livre de la guérison (Kitāb al-Shifā’). Une attention particulière sera portée aux fondements de l’ontologie avicennienne. Les principales questions que nous traiterons sont le statut de la métaphysique comme science, la distinction entre essence et existence, la distinction entre être possible et être nécessaire, la théorie de la causalité.

Translatio studiorum. Philosophie médiévale arabe et latine – Jean-Pascal ANFRAY et Ziad BOU AKL
S1-S2 – Mercredi 18h-20h – Cavaillès
S1 le 19/10, 16/11 et le 14/12 - S2 sera précisé ultérieurement.
L’objectif de ce projet, à mi-chemin entre le séminaire et le cycle de conférences est d’introduire aux principaux enjeux de la recherche en cours au sein de l’histoire de la philosophie médiévale, arabe et latine, dans une perspective aussi bien comparatiste que fondée sur la transmission des corpus et des problématiques. Pour chaque séance, nous inviterons un spécialiste de l’une des deux traditions et un discutant de l’autre. Les séances porteront sur les six thématiques suivantes : nature et limites de l’histoire de la philosophie médiévale ; logique et philosophie du langage ; théorie de la connaissance ; physique et la cosmologie ; métaphysique ; philosophie morale et méta-éthique.

Introduction à la métaphysique analytique (fondements analytiques/core analytic) – Jean-Pascal ANFRAY
S2 – Mardi 14h-16h – Résistants
Ce cours est une introduction à la métaphysique analytique. Souvent assimilée au positivisme logique ou à la philosophie du langage ordinaire, la philosophie analytique fut un temps considérée comme hostile à la métaphysique. Mais, la métaphysique, depuis Strawson et Quine, a d’abord été réhabilitée, avant de connaître un véritable essor depuis une cinquantaine d’années. Selon une caractérisation proposée par Lowe, la métaphysique consiste dans l’étude systématique de la structure fondamentale de la réalité. Elle consiste à déterminer ce qui existe (ontologie), la nature de ces choses et leurs relations fondamentales. On abordera dans ce cours les sujets suivants : propriétés et substances ; particuliers et universaux ; modalités et mondes possibles ; la nature des objets matériels ; le temps et la persistance dans le temps ; l’identité personnelle ; la causalité et le libre arbitre ; la nature de l’existence ; la dépendance ontologique et la notion de fondement ; la méta-ontologie et la nature de la métaphysique

Séminaire doctoral - Groupe de lecture en histoire de la philosophie et métaphysique analytique - Jean-Pascal ANFRAY
Mensuel – Mardi 16h-18h – Pasteur
Calendrier spécifique : séances les 27 septembre, 18 octobre, 15 novembre, 13 décembre, 24 janvier, 21 février, 14 mars, 9 mai
Ce séminaire de lecture s’adresse aux doctorants, ainsi qu’aux mastériens. Il consiste à présenter et discuter lors de chaque séance un article, un chapitre, voire un ouvrage, classique ou récent, concernant l’histoire de la philosophie médiévale et moderne ou bien la métaphysique contemporaine. Les participants du séminaire pourront librement proposer les textes de leur choix

L’ontologie de l’œuvre d’art –Alexis ANNE-BRAUN
S2 – Mardi 16-18h – Résistants
Ce cours vise à répondre à plusieurs questions que nous pouvons nous poser (philosophes, amateurs, professionnels) à propos des œuvres arts et de leur vie matérielle. Pouvons-nous voir ou écouter une œuvre en même temps à Paris ? Strasbourg ? et Chicago ? Quand une œuvre voit-elle le jour ? Quand est-elle détruite et quand est-elle endommagée ? Quelle différence convient-il de faire entre une œuvre originale et sa copie ? Pourquoi existe-t-il des œuvres que nous ne saurions contrefaire ? En appliquant aux œuvres d’art les outils traditionnels de l’ontologie, nous confronterons les pratiques artistiques, anciennes et contemporaines, à certains concepts centraux de la philosophie : identité, permanence, objet, autorité, forme matérielle.

Lecture de Descartes – Dan ARBIB
S1 – Jeudi 8h30-10h30 – Résistants
Ce cours entreprend d’introduire à l’œuvre de Descartes, en consacrant une attention particulière aux textes négligés (par exemple les textes de jeunesse), aux écarts dans la présentation des thèses et concepts métaphysique entre le Discours de la méthode, les Meditationes de prima philosophia et les Principia philosophiae, enfin aux débouchés de la métaphysique en philosophie morale. Il pourra valoir comme une introduire à l’œuvre de Descartes, irréductible au seul magnum opus que sont les Meditationes.

L’Éthique de Spinoza – Dan ARBIB
S1 – vendredi -10h30-12h30 – Borel (29 rue d’Ulm)
Ce cours entreprend l’étude de l’Éthique de Spinoza, en la situant sur le temps long dans son rapport à certaines problématiques antiques, médiévales ou cartésiennes, en examinant les travaux antérieurs de Spinoza (anthumes, les Principia philosophiae Cartesianae, ou posthumes, le De intellectus emendatione et la Korte Verhandeling) et en évaluant sa cohérence interne. Il vaut comme introduction à cet ouvrage et à l’œuvre de Spinoza.

Introduction à Pascal – Dan ARBIB
S2 – jeudi -10h30-12h30 - Résistants
L’année 2023 sera celle du quatrième centenaire de la naissance de Pascal : l’occasion de manifestations diverses, des plus techniques au plus vulgarisatrices. Comment un enfant doué pour les mathématiques devient-il en grandissant l’inventeur de la première machine à calculer, un scientifique de génie autant qu’un polémiste opiniâtre ? Comment Pascal est-il passé d’une « période mondaine » au projet d’une « apologie de la religion chrétienne » ? Comment interpréter « l’amas de pensées détachées » qu’il laissa derrière lui, formidables méditations sur l’anthropologie et sur le « Dieu caché » ? Et, pour l’historien, Pascal est-il « augustinien », « cartésien » ? Bref, tout simplement comment lire Pascal ? Ce cours voudrait répondre à ces questions, en introduisant à l’œuvre de Blaise Pascal.

La philosophie religieuse de Spinoza – Dan ARBIB
S2 – vendredi 10h30-12h30 – Résistants (à partir du 20 janvier 2023)
Ce cours, ancré dans le Tractatus theologico-politicus, se propose d’évaluer et de préciser la vision spinoziste de la religion : comment penser l’universalité de la « vraie religion », par distinction d’avec les multiples religions empiriques ? comment comprendre l’analyse spinoziste du théologico-politique ? Nous chercherons à donner à ces questions des solutions neuves en examinant leur provenance médiévale, à la fois chrétienne et juive, et leur postérité, notamment kantienne.

Séminaire « Les passions à l’âge classique » - 4ème année : Discours des passions- Dan ARBIB et Jean-Charles DARMON (département Littérature et Langages)
S1 – Jeudi 14h-16h – Paul Celan (à partir du 06/10/22)
« Le discours des passions ». On assiste depuis quelques années à un regain d’intérêt considérable pour l’étude des émotions et des passions aussi bien du côté de la philosophie contemporaine (et de l’histoire de la philosophie) que du côté des études littéraires. L’objet de ce séminaire est de revisiter de ce point de vue des œuvres majeures ou d’autres, aujourd’hui fort méconnues, de l’âge classique. En confrontant des corpus et des genres trop rarement mis en relation par les « spécialistes » des disciplines dont ils relèvent habituellement, on examinera plus spécifiquement cette année différents types de discours auxquels la question : « comment agir sur les passions ? » a pu donner lieu, entre philosophie et littérature.

Cicéron, Du destin – Jonathan BARNES
S2 – Mardi 16h-18h – Pasteur
Calendrier spécifique : séances les 7 Février, 14 février, 7 mars, 21 mars, 4 avril et 18 avril.
Le séminaire se consacrera à une lecture attentive du traité cicéronien sur le déterminisme. On discutera des questions philosophiques (la logique des modalités, le concept de la causation...), historiques (la théorie de Chrysippe, les objections faites par Carnéade...) et philologiques (la reconstitution du texte, le lexique philosophique de Cicéron...).
Bibliographie :
Un texte latin sera mis à la disposition des membres du séminaire. Voir aussi :
A.Yon, Cicéron : Traité du Destin (Paris, 20027)
— l’édition Budé, avec traduction française.
F.Guillaumont, dans R.Goulet, Dictionnaire des philosophes antiques II (Paris, 1994), pp.389-393
— tour d’horizon utile.
S.Bobzien, Determinism and Freedom in Stoic Philosophy (Oxford, 1998)
— parmi les dix meilleurs livres sur la philosophie ancienne écrits dans le 20ème siècle.

Al-Jahiz, savant et doxographe – Ziad BOU AKL
S1-S2 – Lundi 16h-18h – Pasteur
Ce cours s’adresse aux étudiants ayant au moins une connaissance de base de l’arabe.
L’année sera consacrée à al-Jahiz, connu comme l’un des plus célèbres prosateurs de la langue arabe, et qui fut par ailleurs aussi un savant, un théologien du kalām et un doxographe des premiers grands systèmes de théologie rationnelle. Nous lirons de longs extraits de ses traités et doxographies qui exposent aussi bien sa propre conception des grandes questions théoriques et pratiques que celles de ses prédécesseurs dont il rapporte les doctrines

Penser la raison : Philosophes arabes et théologiens musulmans à l’époque classique – Ziad BOU-AKL
S2 – Mercredi 16h-18h – Résistants
Dès les débuts de la civilisation islamique, deux traditions de pensée distinctes ont pris en charge l’explication du monde, de son principe ultime et de la place que l’homme y occupe : d’une part, les philosophes (falsāsifa), héritiers d’une longue tradition de philosophie et de science grecque, et d’autre part, les théologiens du kalām, muʿtazilites et ashʿarites, dont la réflexion s’est appuyée dès le départ sur des éléments religieux et culturels propres à la nouvelle civilisation. On s’attachera durant ce cours à présenter ces deux courants de pensée, du IXe au XIIe s., à travers une série de questions et de problématiques qui les opposent, et cela afin de mieux comprendre la manière dont chacun d’eux conçoit le rôle de la raison et ses limites.

La philosophie en questions au Moyen-Âge – Julie BRUMBERG-CHAUMONT
S2 – Lundi 10h30-12h30 – Résistants
Le cours s’attache à l’histoire de la philosophie au Moyen Âge, pour faire porter l’enquête aussi bien sur la vie de la philosophie que sur la ‘philosophie de la philosophie’ développée par les auteurs médiévaux. Il propose de faire retour sur la naissance de la philosophie comme discipline en Occident latin — ou plutôt sa renaissance, après sa forte inscription dans les écoles de philosophie de l’Antiquité, en même temps que sa définition comme ‘mode de vie’. Mais il propose aussi d’aborder la philosophie dans toutes ses figures au Moyen Âge : comme un idéal revendiqué par une pluralité d’acteurs qui nous n’appellerions pas tous ‘philosophes’ et dont certains ne revendiquent pas pour eux-mêmes la philosophie, comme une forme de vie exigeant son autonomie au sein de la faculté des arts de Paris, au prix de conflits et de condamnations, ainsi que comme une pratique multiforme. La question de la relation entre philosophie et ‘arts’, arts du trivium et de quadrivium, sera également en ligne de mire, de même que la question de savoirs qui étaient désignées comme ‘philosophes’ au Moyen Âge, ou encore la conception médiévale des ‘origines’ et du ‘pédigrée’ de la philosophie (égyptiennes, bibliques, païenne, etc.). En raison des mutations scolaires, intellectuelles et culturelles de grande ampleur qui s’y jouent, avec la naissance des universités et des centres d’études religieux, le cours se concentre sur le XIIIe siècle, avec d’important sondages dans d’autres périodes, surtout l’Antiquité, le haut Moyen Âge et le XIIe siècle. Il identifie trois champs d’investigation : les mutations de la définition de la philosophie, examinées au regard de la question de l’institutionnalisation de la philosophie comme discipline scolaire, de sa recomposition comme ‘science’ (métaphysique comprise), sur le modèle épistémologique fourni par les Seconds analytiques, de ses rapports aux autres savoirs universitaires, ainsi qu’au travers des conceptualisations de la définition de la philosophie par les maîtres médiévaux ; l’examen des pratiques intellectuelles susceptibles d’exprimer le savoir philosophique, de garantir sa vérité, et de singulariser sa méthode, dans le contexte d’un usage intensif de la même logique de la dispute dans toutes les disciplines (en particulier en théologie) ; l’émergence de théories qui insistent sur la dimension anthropologique de la philosophie, traçant un idéal de vie philosophique renouvelé par rapports aux théories antérieures. La question de la philosophie au Moyen Âge sera abordée sous tous ces aspects au regard de la situation de la philosophie dans les autres ères culturelles récipiendaires de la philosophie ancienne et actrices de ses transformations, en particulier dans la philosophie arabe et sa réception latine. Le cours s’adresse à des étudiants de tout niveau. Il alterne des présentations générales sur l’histoire de la philosophie et des lectures de textes.

Reference et signification / Reference and meaning (fondements analytiques/core analytic) – Denis BUEHLER
S1 – Mardi 14h-17h – salle Berthier (début le 18/10/2022)
In this advanced course we will engage with the defining debates in analytic philosophy in the 20th century, focusing on questions concerning reference and meaning, and tracing how these debates inform current issues in the philosophy of mind and cognitive science.
Prerequisites : Introductory class in philosophy of mind or philosophy of cognitive science ; introductory class in logic. Advanced class in philosophy of mind, language, or epistemology.

Introduction to philosophy of cognitive science (fondements analytiques/core analytic) – Denis BUEHLER
S1 – vendredi 17h-19h – salle Conf IV

This course has three main objectives. First, it aims to provide a foundation in some of the major classical issues in the philosophy of cognitive science. Second, it aims to trace how cognitive science has developed since the 1950s. Third, the course has an intensive writing component (restricted to cogmaster students) that aims to provide a solid foundation in American-style academic writing ; especially argument-analysis, critical discussion, and argument-construction.
Ce cours a trois objectifs. Le premier est de fournir une fondation dans les débats majeurs classiques en philosophie des sciences cognitives. Le deuxième est de tracer comment les sciences cognitives se sont développées depuis les années 50. Le troisième est d’entraîner l’écriture académique dans le style américain, notamment l’analyse des arguments, leur critique, et leur construction.

Advanced philosophy of psychology – Denis BUEHLER
S2- vendredi 14h-17h- à partir du 10/02/2023 - salle Paul Langevin
In this course we will engage with a series of current debates in analytic philosophy of psychology. We will ask how recent findings in the cognitive science bear on traditional philosophical questions concerning perception, attention, thought, and consciousness.
Dans ce cours nous étudierons une série de débats contemporains de la philosophie analytique de la psychologie. Nous nous demanderons comment des résultats récents dans les sciences cognitives portent sur des questions traditionnelles concernant la perception, l’attention, la pensée, et la conscience.
Prerequisites : Introductory class in philosophy of mind or philosophy of cognitive science.

Philosophie de l’esprit - (Fondements analytiques / Core Analytic) - Jérôme DOKIC et Margherita ARCANGELI
S1 – vendredi 14h-16h – Salle Djebar (29 rue d’Ulm) –

Étude des questions philosophiques concernant la nature de l’esprit et sa relation avec le corps, y compris la théorie de l’identité symbolique / type, la causalité mentale, le fonctionnalisme, le comportementalisme, le contenu mental et la conscience.

Philosophie du langage - (Fondements analytiques / Core Analytic) -Michael MUREZ et Bruno GNASSOUNOU
S2 – - Lundi 14h-16h – Salle Djebar (29 rue d’Ulm) –

Syntaxe, sémantique, pragmatique. sens et dénotation, sémantique tarskienne, implicature, sémantique 2-dimensionnelle, synonymie et analyticité, modalités et temps, discours indirect, termes indexicaux, paradoxes sémantiques.

Anthropologie et philosophie après 1945 (II) – Florence BURGAT, Jean-Claude MONOD et Christian SOMMER
S2 – Vendredi 10h30-12h30 – salle Marbo sauf le 09/06 en Résistants et le 16/06 en J. Jaurès
Calendrier spécifique : 12 séances du 10 mars au 16 juin 2022

Ce séminaire collectif (validable) entend reconstruire la constellation de certaines problématiques et débats noués à des points de croisement ou de tension entre anthropologie et philosophie, en France et en Allemagne après 1945. Cette année nous nous intéressons aux manuscrits du premier Foucault autour de la « question anthropologique » et de la phénoménologie, à la théorie de la conscience et de l’inconscient chez Henri Ey, et aux sources paléoanthropologiques dans l’anthropologie phénoménologique de Blumenberg.

Séminaire platonicien et néoplatonicien – Pierre CAYE et Luc BRISSON
S1-S2 – Lundi 16h-18h
Calendrier spécifique :
S1 : Salle Dussane - Séances les 10 et 17 octobre, 7, 14, 21 et 28 novembre, 5 et 12 décembre 2022 ( sauf le 14/11 salle U209) ET le 12 juin 2023
S2 : Résistants - Séances les 9, 16, 23 et 30 janvier 2023, 6 et 13 février, 6, 13, 20 et 27 mars, 3 et 17 avril, 15 et 22 mai, 5 juin 2023

Le thème du séminaire platonicien et néoplatonicien de l’année 2022-2023 sera consacré la sōphrosúnē, « modération, retenue, sobriété » présente dans l’ensemble de la culture et de la littérature grecques et en particulier dans les dialogues platoniciens : le Charmide, le Protagoras, la République et les Lois. Cette étude nous permettra aussi de faire le point sur la place des vertus dans les morales antiques, en particulier platonicienne, sur leurs relations mutuelles, voire sur leur hiérarchie. Ce dont nous traiterons au premier semestre. Par ailleurs, le thème de la sobriété traverse toute l’histoire de la philosophie morale : elle joue un rôle important dans les grandes religions monothéistes, contribue au plus haut point à développer les notions d’umanitá et de civiltá constitutives de l’esprit de la Renaissance ; il n’est pas nécessaire enfin de souligner combien l’émergence du souci écologique qui caractérise notre temps met à nouveau au premier plan cette antique vertu selon il est vrai des modalités nouvelles. Nous consacrerons donc le second semestre à cette longue postérité de l’antique sōphrosúnē.

Séminaire Art Technique Production (ATP) – Pierre CAYE
S1 et S2 – Vendredi 17h-19h – Pasteur
Calendrier spécifique : séances les 14/10, 18/11, 16/12, 20/01, 17/02, 17/03, 14/04,
12/05 salle Sartre
et 16/06 salle Dussane
L’être est production, l’ontologie pensée de la productivité. La productivité de l’être joue un rôle central dans la constitution du monde moderne. Elle rend raison de notre rapport au réel, que celui-ci soit technique, économique, poétique ou artistique. Mais en tant que tel l’être est affecté d’entropie. La production n’assure pas sa reproduction. C’est toute la question du développement durable. Nous interrogerons à travers ces différentes modalités de la production, artistique, poétique, économique, métaphysique, à travers aussi leurs divergences et leurs convergences, le lien dialectique de la production avec l’altérité qui la conditionne.
Le programme de l’année 2022-2023 aura pour thème les rapports de l’architecture et l’économie

Séminaire sur Dante – Pierre CAYE
S1- S2 – Mardi 14h-17h

2022-23 : Premier semestre
Salle Pasteur — Mardi 11 octobre. Paolo Falzone (Univ. La Sapienza, Roma) : Désir et philosophie dans le Convivio
Salle U209 de 13h à 16h — Mardi 15 novembre. Laetitia Rimpau (Freie Universität, Berlin) : Dante et Képler
Salle U209 de 13h à 16h — Mardi 13 décembre. Frédéric Nef (EHESS) : Quelques remarques sur la cosmologie de Dante
2023-2023 : Deuxième semestre
Nous reprendrons en 2023 les séances mensuelles de lectures du Convivio :
Salle Marbo — Mardi 10 janvier : Livre I
Salle Berthier — Mardi 14 février : Livre I
Salle Berthier — Mardi 8 mars : Livre II
Salle Berthier — Mardi 11 avril : Livre II
Salle Borel — Mardi 10 mai : Livre II

L’épreuve du politique – Marc CRÉPON
S1 – Lundi 10h30 -12h30 – Salle Dussane
La philosophie à l’épreuve du politique (Nietzsche - Heidegger - Patocka - Merleau-Ponty - Camus …)
L’épreuve du politique pour la philosophie est d’abord celle du nihilisme : la tentation de se dire que, confrontée aux violences, aux injustices et aux misères qui fracturent le monde, la pensée est de peu de poids. Dans ce séminaire, on étudiera, au plus près des textes et des positions, les différents gestes et attitudes que son exercice est susceptible d’engager pour affronter cette épreuve, dès lors qu’elle expose la philosophie aussi bien au risque de la lassitude, du découragement, du repli sur soi qu’à celui de l’égarement, de l’aveuglement, de l’erreur d’interprétation ou de la faute. Parce que cette épreuve est aussi celle de l’histoire, on se concentrera cette année sur la question du fascisme, des totalitarismes et de la décolonisation

Les violences de l’intime – Marc CRÉPON et Laurence JOSEPH
S1 et S2 – Mardi 19h30-21h30 – Résistants
Calendrier spécifique : 18 octobre, 15 novembre, 13 décembre, 17 janvier, 14 février, 14 mars, 18 avril, 16 mai

L’intime est cette part étrangère en nous, interne comme le suggère la définition, et mouvante, elle est la marque des métamorphoses qui ont lieu en chaque humain. Mais alors qu’est-ce qu’un intime abîmé ? Quelles sont les violences qu’un intime peut subir ? Nous montrerons combien la question du langage y est toujours engagée, dans ses entraves et ses silences, ses fractures. Nous chercherons au long de ce séminaire à éclairer grâce à des spécialistes du terrain, actrices et acteurs de la société civile, ce que sont ces violences de l’intime : leurs effets sur chaque individu, le contexte dans lequel elles se déroulent, les cadres sociaux et juridiques qui seront certainement eux-mêmes à interpeller dans leurs défaillances ou leurs éventuelles complicités. L’enjeu sera de permettre aux étudiants du séminaire d’être au plus près du terrain clinique.

Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant – Anthony DEKHIL
S1 – Vendredi 8h-10h – Résistants
Le cours consistera en une lecture de L’Être et le Néant de Jean-Paul Sartre combinant une étude de la structure d’ensemble de l’œuvre à une analyse plus approfondie de certains passages importants du texte. L’accent sera porté sur la contextualisation des problèmes et des concepts mis en jeu dans cet ouvrage majeur en interrogeant sa place dans l’élaboration de la pensée sartrienne mais aussi plus largement dans l’histoire de la philosophie française au XXe siècle. On s’intéressa tout particulièrement au statut donné par Sartre au projet d’une « ontologie phénoménologique » et à la façon dont celle-ci renouvelle la compréhension de la relation de l’homme au monde.

Paul Ricoeur, penseur de l’histoire – Anthony DEKHIL
S2 – Jeudi 8h30-10h30 – Résistants ( 1ère séance le 26 janvier 2023)
De la publication d’Histoire et vérité en 1955 à celle de La mémoire, l’histoire, l’oubli en 2000, Paul Ricoeur n’a cessé de faire de l’histoire un objet privilégié. De la description de nos expériences du temps à l’analyse des méthodes et des pratiques en histoire, son œuvre explore les différentes dimensions de l’historicité de l’existence humaine. Aux prises avec l’actualité, elle se constitue comme un dialogue fécond avec les auteurs classiques comme avec ses contemporains, déjouant ainsi les frontières entre les disciplines. Le cours proposera un parcours textuel qui s’efforcera de mettre en évidence les contours et les enjeux de la pensée de l’histoire déployée par Paul Ricoeur.

Atelier « Les archives de la philosophie » - animé par David DENECHAUD et Nathalie QUEYROUX
S2 – Lundi 15h-17h – Centre documentaire du CAPHÉS (Bâtiment Jaurès, rez-de-chaussée, aile Ulm).
Cet atelier se propose de sensibiliser les participant(e)s à la source « archives » en philosophie pour nourrir la recherche. Il s’agit avant tout d’un atelier pratique. Il comprendra une séance introductive concernant le cadre légal français relatif aux archives de la recherche, les catalogues et instruments de recherche ; une séance consacrée au projet d’enquête génétique sur les pratiques d’écritures numériques de Jacques Derrida, « Derrida Hexadécimal », présenté par Aurèle Crasson et Jérémy Pedrazzi ; deux séances d’initiation au logiciel de reconnaissance d’écriture manuscrite Transkribus ; le reste des séances sera dédié à un cas pratique avec la découverte, la manipulation, l’identification et la description archivistique de documents appartenant au fonds André A. Devaux (1921-2017) dont les travaux ont porté sur Antoine de Saint-Exupéry, Pierre Teilhard de Chardin, Charles Péguy, Henri Bergson, René Le Senne, et plus particulièrement, sur la philosophe Simone Weil dont il a dirigé les Œuvres complètes. À l’issue de cet atelier, les participants seront à même de localiser des documents d’archives et mener des recherches dans des fonds de manière avertie et efficace.
Nombre de places limité à réserver à l’adresse : bib-caphes@ens.psl.eu

De l’universel – Souleymane Bachir DIAGNE
S2 – Mardi 16h-18h – Salle Dussane
PREMIERE SEANCE LE 07 FEVRIER 2023

Le séminaire posera la question de l’universel dans un monde décolonisé, c’est-à-dire pluriel et décentré. On discutera d’abord le concept de décentrement à partir de lectures de textes de Edmond Husserl, Simone Weil et Jean-Paul Sartre. On mènera ensuite une exploration de la signification d’un « Bandung épistémologique » éclairée par des écrits de Frantz Fanon, d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor, d’Emmanuel Levinas, de Maurice Merleau-Ponty, de Julius Nyerere ou de Walter Mignolo, en examinant tout particulièrement les notions de « voies africaines du socialisme » et de décolonialité. On conclura sur la discussion d’une construction philosophique du (multi)latéralisme.

Séminaire doctoral équipe CoLoR – Paul ÉGRÉ
S1 – Mardi 14h-16h – Salle de réunion du Pavillon Jardin (29 rue d’Ulm)
Ce séminaire doctoral est organisé par Paul Egré et Salvador Mascarenhas dans le cadre des activités de l’équipe « Concepts, Logic and Reasoning » (CoLoR) de l’IJN, dirigée par P. Egré. Le séminaire n’est pas validable car il vise avant tout à la formation des doctorants (exposés, discussion d’articles, séances invitées) en lien avec les thèmes de l’équipe.

Penser la transition – Paul ÉGRÉ et Marc FLEURBAEY
S1 – Lundi 16h-18h – Résistants
Ce séminaire a pour ambition de présenter des éléments fondamentaux de réflexion sur la phase historique actuelle, période cruciale de transition vers un équilibre planétaire accommodant les contraintes naturelles et les aspirations des êtres vivants, humains et autres. Cette transition doit être « pensée », ce qui requiert la capacité d’identifier les défis et d’adopter des réponses à la fois rationnelles et réalistes en termes de comportements et de dynamiques communicationnelles et politiques. Cela requiert aussi de construire une vision du monde d’après, ce qui peut faire appel à l’imagination visionnaire et utopique, mais là encore, dans une exigence de rationalité et de réalisme. Le séminaire se concentre sur l’apport de la philosophie et de l’économie, deux disciplines qui ont en commun de développer des outils conceptuels permettant non seulement de comprendre les faits (dans les mécanismes naturels et sociétaux et les discours), mais aussi d’évaluer l’état du monde et de la société pour orienter l’action politique. Nous nous concentrerons sur quatre thèmes (avec trois séances sur chaque thème) : la justice sociale, environnementale et intergénérationnelle ; la nature, le climat et la cause animale ; l’action individuelle et l’action collective ; la transition numérique et ses enjeux.

Les lois de l’attraction : la conception platonicienne de l’amitié – Dimitri EL MURR
S1 – Mercredi 14h-16h – Résistants
Comment Platon conçoit-il l’amour (erōs) et l’amitié (philia), leurs spécificités et leurs différences ? Comment la philia et l’erōs s’articulent-ils à sa conception de la motivation et du désir humains ? Y a-t-il place pour une amitié véritable chez Platon, comme c’est le cas chez Aristote qui, aux livres VIII et IX de l’Ethique à Nicomaque, distingue trois formes d’amitié dont la plus parfaite est l’amitié vertueuse, relation de bienveillance active, réciproque et désintéressée en vue du bien d’autrui ? Quelle place enfin l’amitié occupe-t-elle dans la pensée politique de Platon et dans sa cosmologie ?
Abordant un certain nombre de dialogues platoniciens, du Lysis aux Lois, en passant par le Phèdre, la République, le Politique et le Timée, ce cours abordera chacune de ces questions (et quelques autres) en visant à déterminer ce qui fait la particularité de l’approche platonicienne de l’amitié, trop longtemps réduite au statut de simple transition ou d’intermédiaire entre une conception de l’amitié d’ordre physico-cosmologique à l’œuvre chez les présocratiques et une conception aristotélicienne pleinement éthique. Il s’agira de montrer que concernant l’amitié, Platon n’est ni le dernier présocratique, ni le premier aristotélicien.
Un certain nombre de lectures seront requises chaque semaine et détaillées dans un syllabus distribué lors de la première séance. Pour se préparer, il est utile de lire le Lysis (dans la trad. de L.-A. Dorion chez GF-Flammarion) et le Phèdre (dans la traduction de L. Brisson chez GF-Flammarion, ou aux Belles Lettres, dans la traduction Vicaire, avec la notice introductive de Léon Robin).

Platon, Phèdre – Dimitri EL MURR
S2 – Mercredi 14h-16h – Résistants
Ce cours constituera une lecture suivie du Phèdre de Platon, dialogue dont le sujet et l’unité font débat depuis l’Antiquité (jusqu’à nos jours), mais dont l’importance pour l’éthique et la psychologie, l’épistémologie et l’ontologie platoniciennes est indéniable. Pour vous préparer, il faut vous procurer et lire le dialogue dans l’une des traductions citées ci-dessous, ainsi que la Notice de Léon Robin qui sert d’introduction à la traduction du dialogue aux Belles Lettres dans la collection des universités de France (cf. ci-dessous).
Platon, Phèdre, texte établi par Claudio Moreschini et traduit par Paul Vicaire, Paris, Les Belles Lettres, 1985 (Platon, Œuvres complètes, C.U.F., t. IV, 3e partie). [Avec le texte grec en regard ; l’excellente notice de Léon Robin en introduction est reproduite de la précédente édition en Budé].
Platon, Phèdre, traduction, introduction et notes par L. Brisson, GF-Flammarion, 1989.
Platon, Phèdre, présentation par D. Babut, introduction, traduction, notes et bibliographie par L. Mouze, Paris, LGF, 2007.

Séminaire doctoral : le Socrate d’Aristote – Dimitri EL MURR
S2 – Jeudi 9h-12h – Pasteur
Calendrier spécifique : séances les 16/02/23, 9/03, 23/03, 6/04, 11/05
Ce séminaire sera consacré au témoignage d’Aristote sur Socrate. Nous lirons donc durant le semestre les passages des œuvres d’Aristote où l’élève de Platon fait état de questions ou de thèses philosophiques, d’éléments doctrinaux ou de méthode qu’il juge propres à Socrate et contre lesquels il polémique. A la différence de Platon, de Xénophon et d’autres disciples de Socrate, ou encore d’Aristophane, Aristote n’a jamais connu et entendu Socrate. Aussi trouvera-t-on dans son œuvre un témoignage sur Socrate plus objectif, débarrassé de toute tentative apologétique ? Nous verrons qu’il n’en est rien mais surtout tâcherons de comprendre pourquoi. Ce séminaire est validable dans le cadre du DENS mais pas pour le master de philosophie PSL.

Regards sur les constructions de l’animal dans l’Antiquité (III) : le De Abstinentia de Porphyre – Dimitri EL MURR (Philosophie) et Jean TRINQUIER (DSA)
S2 –Jeudi 9h-12h – Pasteur
Calendrier spécifique : séances les 19/01/23, 26/01, 2/02, 9/02, 30/03, 13/04, 20/04
Pour la troisième année de ce séminaire (validable en tant qu’expérience transdisciplinaire dans le cadre du DENS et comme cours dans le cadre des Master PSL « Philosophie » et « Mondes Anciens »), nous poursuivrons notre réflexion sur les constructions antiques de l’animal en nous intéressant aux vifs débats suscités dans l’Antiquité par l’alimentation carnée. C’est dire que nous nous concentrerons cette année sur la question du végétarisme antique à travers la lecture systématique du traité incoutournable à ce sujet : le De abstinentia du néoplatonicien Porphyre. Comme les deux années précédentes, ce séminaire sera l’occasion, en associant nos deux départements, de croiser les approches de l’histoire de la philosophie, de l’histoire culturelle et de la philologie classique. Validation par un mini-mémoire dont les contraintes seront précisées lors de la première séance.

Architecture et nature- Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK
S2 – Mercredi 10h30-12h30 – Résistants
La relation de l’architecture à la nature est aujourd’hui mise sur le devant de la scène, que ce soit avec la notion de biomimétisme ou du fait de la crise écologique incitant à une réflexion accrue sur les modalités du construire et de l’habiter. Il est cependant également possible d’inscrire l’étude de cette relation entre architecture et nature dans une histoire longue qui a été nourrie par la réflexion d’architectes, de théoriciens et d’historiens de l’architecture, et de philosophes. C’est en explorant ces divers types de corpus en fonction d’une démarche philosophique problématisante, et en s’interrogeant sur les différentes versions du concept de « nature » par rapport auxquelles l’architecture s’est pensée, que l’on se donnera les moyens de mettre en perspective certaines questions actuelles. Ce cours peut intéresser des étudiants de philosophie, du département des Arts et du CERES.. Validation pour DENS et Master PSL (mini-mémoire). 6 ECTS

Kunst. Théories allemandes de l’art 1750-2000 - Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK et Isabelle KALINOWSKI
S2 – Mercredi 16h-18h – Visio-conférence
Calendrier spécifique : une séance par mois en février, mars, avril et mai 2023, et une journée d’études.
Ce séminaire en anglais s’adresse principalement aux étudiants avancés désireux de mieux connaître la pensée esthétique développée depuis le XVIIIe siècle en langue allemande, que ce soit par des philosophes, des historiens d’art ou des artistes et architectes, et qu’il s’agisse d’auteurs classiques ou moins connus. Les étudiants en philosophie, histoire de l’art, esthétique et divers arts, et en études germaniques, sont les bienvenus. S’inscrire auprès de mildred.galland@cnrs.fr ou isabelle.kalinowski@ens.psl.eu. Validation : présence aux séances de séminaire et à la journée d’études, et mini-mémoire.

Expérience et nature de John Dewey (Chapitres VI à X) – Mathias GIREL
S2 – Vendredi 14h-16h – Résistants (à partir du 3/02/23)
Le cours consiste en une lecture suivie de la seconde moitié de l’ouvrage majeur de Dewey, Expérience et nature (1925, 1929). Les thèmes abordés seront l’esprit, la conscience, le rapport corps-esprit, les valeurs éthiques et esthétiques, ainsi que la conception deweyenne de la « critique ». Le cours ne présuppose pas de connaissance préalable de l’œuvre de Dewey, mais implique la lecture attentive de vingt pages du texte original en amont de chaque séance.

Enquêtes, ignorance et « doutes inappropriés » – Mathias GIREL
S2 – Jeudi 14h-16h – Résistants
Le champ des études sur l’ignorance s’est maintenant solidement installé dans le paysage des sciences humaines et sociales, avec la parution cette année de la seconde édition du Routledge Handbook of Ignorance Studies. Le cours propose un parcours des principaux problèmes épistémologiques que ce courant d’études soulève. Une attention particulière sera accordée aux études récentes qui tentent de clarifier ce qu’on appelle un « doute normativement inapproprié » dans le cadre d’une controverse

SEMINAIRE REPORTE EN 2023-2024
Quand l’ignorance stimule la science – Mathias GIREL et Alain FUCHS
La recherche observe, explique, prédit, prouve. Mais, tout autant, elle hésite, doute, tâtonne. Elle se nourrit d’ignorance, puisqu’elle nait de toutes les questions encore irrésolues que se posent les chercheurs du monde entier. Mais elle produit aussi de l’ignorance, puisque chaque découverte, chaque nouveau résultat pose de nouvelles questions et ouvre des voies parfois inconnues. Nous voulons souligner la valeur scientifique de l’ignorance en lui consacrant un séminaire accessible à tous les étudiants de PSL intéressés par les métiers de la recherche. Des chercheurs de très haut niveau, venant de toutes les disciplines, exposeront leur vision et leur pratique de l’ignorance. Ce séminaire proposera ainsi une réflexion ouverte sur l’activité scientifique à partir d’une question commune à toutes les disciplines. Aucun prérequis scientifique n’est nécessaire pour suivre le séminaire.

Séminaire annuel de recherche « Actualités du pragmatisme » – Mathias GIREL
S1-S2 – Jeudi 16h-18h – Sartre et Pasteur (début 20/10/2022)
Calendrier spécifique :
salle Sartre - 20/10, 24/11, 15/12
salle Pasteur : 26/1, 9/2, 30/3, 20/4

Ce séminaire de recherche est composé de huit séances de 3h scandées en deux temps : (1) une partie de la séance dédiée aux étudiants de l’ENS menant des recherches sur le pragmatisme, pour accompagner leur travail d’écriture, (2) une partie accueillant des conférences « invitées » où nous accueillerons des chercheuses et chercheurs, français ou étrangers, ayant publié récemment des études marquantes pour le champ. Ce cours sera complété, en mai-juin, des conférences de Roberta Dreon, professeur invitée de l’EUR Translitterae, spécialiste internationalement reconnue du pragmatisme, de l’esthétique et de l’anthropologie philosophique.
Nous commençons donc le 20/10 avec

Trevor Pearce (U. Of North Carolina, Charlotte), auteur de Pragmatism’s Evolution (University of Chicago Press, 2020), sur le thème :

"Pragmatist Ethics : Evolution, Experiment, and Social Progress"

Suivront Céline Henne (U. Of Toronto), le 24/11 ; Tullio Viola (U. Of Maastricht), le 15/12 ; Barbara Formis (Paris 1), le 26/1, David Hildebrand (UC Denver, TBC), le 9/2 ; Roberto Gronda (U. De Pise), le 20/4. Je consacrerai la séance du 30/3 à préparer le cours invité de Roberta Dreon. Vous aurez sur ma page du département les résumés ainsi que des outils bibliographiques pour préparer chaque séance.

Que m’est-il permis d’espérer ? – Louis GUERPILLON
S1 – Mardi, 16h-18h – Résistants
« Que m’est-il permis d’espérer ? » En partant de cette formulation kantienne, qui invite à identifier dans l’espoir une forme d’affectivité indissociable de l’exercice de la rationalité pratique, nous serons amenés à distinguer deux façons de penser la légitimité de l’espérance : selon un modèle « probabiliste », qui procède à son objectivation ; selon un modèle « sotériologique », qui procède à son historicisation. Nous pourrons alors chercher à caractériser cet affect à partir d’un triple problème : le problème métaphysique du lien de l’espoir aux possibles ; le problème existentiel de la temporalité que déploie l’espoir ; le problème pratique de l’agir que l’espoir met en jeu. À chaque niveau, on interrogera en miroir la figure du désespoir, mettant ainsi au jour sous la question kantienne une interrogation inverse : de quoi pourrait-il bien m’être permis de désespérer ?
Indications bibliographiques :
Blaise PASCAL, Pensées [1670], éd. Lafuma, Paris, Seuil, 1962.
Jean Jacques ROUSSEAU, Profession de foi du vicaire savoyard [1762], éd. B. Bernardi, avec un dossier de G. Radica, Paris, GF Flammarion, 2010.
Emmanuel KANT, Critique de la raison pratique [1788], trad. J. P. Fussler, Paris, GF Flammarion, 2003, en particulier la « Dialectique ».
Emmanuel KANT, La Religion comprise dans les limites de la seule raison [1793], trad. J. P. Fussler, Paris, GF Flammarion, 2019.
Søren KIERKEGAARD, Traité du désespoir [1849], trad. K. Ferlov et J. J. Gateau, Paris, Gallimard, 1949.

Le citoyen éclairé – Louis GUERPILLON
S2 (à partir 09 mars) –
Programme :
Jeudi 9 mars : 8h-10h, salle Langevin – au 29 rue d’Ulm
Jeudi 16 mars : 8h-10h, salle Langevin
Jeudi 23 mars : 8h-12h, salle Langevin
Jeudi 30 mars : 8h-10h, salle Borel (U203) - au 29 rue d’Ulm
Jeudi 6 avril : 8h-10h, salle Langevin
Jeudi 13 avril : 8h-10h, salle Langevin
Jeudi 20 avril : 8h-12h, salle Langevin
Jeudi 11 mai : 8h-12h, salle U209 – au 29 rue d’Ulm
Jeudi 18 mai : 8h-10h, salle Langevin

La figure du citoyen éclairé représente un idéal de la modernité politique. Mais à quelle conception du savoir et à quels objets de connaissance nous renvoie cet idéal ? Le citoyen dont il est question dans cette expression ne peut pas être replié sur un citoyen savant ou sur un citoyen informé. Quel est alors le régime de l’intelligence auquel le citoyen doit avoir part en tant que citoyen ? Et quelles sont les conditions de son déploiement et de son exercice ? Ces questions sont une invitation à penser l’intelligence à partir du politique, plutôt que l’inverse, sans présupposer en particulier des partages classiques comme celui de la raison et des passions – car il n’est pas évident que le citoyen éclairé doive avoir le sens d’un citoyen dépassionné. Pour essayer de répondre à ces questions, on opèrera un mouvement de remontée depuis une position contemporaine du problème vers une exploration de la citoyenneté des Lumières.
Indications bibliographiques :
Jean Jacques ROUSSEAU, Du contrat social [1762], éd. B. Bernardi, Paris, GF Flammarion, 2001.
Jean Jacques ROUSSEAU, Lettre à Christophe de Beaumont [1763], éd. M. Cottret et B. Cottret, Gollion, Infolio, 2012.
Emmanuel KANT et Moses MENDELSSOHN, Qu’est-ce que les Lumières ? [1784], trad. D. Bourel et S. Piobetta, Paris, Mille et une nuits (Fayard), 2006.
Jürgen HABERMAS, L’espace public [1962], trad. M. de Launay, Paris, Payot et Rivages, 1988.
Étienne BALIBAR, Libre parole, Paris, Galilée, 2018.

Philosophie des mathématiques : généralité et généricité – Brice HALIMI S2 – Lundi, – salles à l’ENS et à l’Université Paris Cité :
ENS de 14h-17h : salle Conférence 46 – 30/01, 06/02, 13/02, 06/03, 20/03, 10/04
UPC de 13h30-16H30 : 16/01, 23/01, 20/02 13/03, 27/03, 03/04 –
La métaphysique prétend faire la théorie de « toutes choses en général » et l’ontologie formelle prétend être la science du « quelque chose en général », ce qui présuppose la disponibilité des notions de choses en général et de quelque chose en général. Toutefois ces notions ne vont pas de soi ; elles ne sont ni primitives ni évidentes : telle est l’hypothèse que ce cours voudrait explorer, et en particulier que la généralité philosophique n’est pas séparable des formes que lui donnent les mathématiques. Le cours consistera en trois grandes parties. Après avoir distingué les deux dimensions de la généralité que sont l’intégralité (la visée de toutes choses) et la généricité (la visée d’un objet quelconque), la première partie cherchera montrer que la seconde est plus fondamentale que la première. Ce sera aussi l’occasion d’expliquer le paradoxe de Russell et les liens entre la philosophie, la logique et les mathématiques qu’il a suscités. La seconde partie analysera la notion d’objet générique, pour dégager à la fois formes plurielles du générique qu’on trouve en mathématiques et leur lien avec les figures philosophiques du général. La troisième et dernière partie, repartant de la notion de variable, cherchera à réhabiliter la notion de variation (dont la logique moderne a commencé par démarquer celle de variable), pour la comprendre en termes de déformation, et l’appliquer à certaines questions métaphysiques (comme celle de l’identité d’un monde possible à un autre).
(Les bibliographies seront communiquées au fur et à mesure du cours. Le cours n’a aucun pré-requis. La validation du cours consistera en la rédaction d’une application d’un thème du cours à un sujet au choix, en fonction des intérêts de chacun.)

Séminaire Art, Création, Cognition – Claude IMBERT et Ségolène LE MEN
S2 – Jeudi, 16h-19h30 – Marbo (29 rue d’Ulm) sauf U209 le 16/02/23
Calendrier spécifique : le 16/02/2023, 09 et 23/03, 06 et 20/04
Contact : claude.imbert@ens.fr

Il réunit l’ENS et l’Université Paris Ouest (Nanterre) Il est également rattaché au département des Arts Séminaire d’initiation à la recherche, il est validable pour le master ENS-PSL, pour le DENS et comme séminaire libre. Il est ouvert à tous. Le programme de l’année universitaire 2022-2023 sera centré sur les arts visuels et performatifs dans leur relation à l’ Écologie et aux nouveaux supports de production et de diffusion Dans ce contexte, il poursuivra quelques thèmes abordés l’an dernier : le transport des arts d’un medium à un autre compte tenu de la culture des artistes ,via leur bibliothèque , leur collection, leurs échanges ,leur medium préféré ,le passage d’un scénario à une structure musicale ,l’emprunt de séquences filmées qui transforment la citation , etc… On recherche une nouvelle forme de commerce avec le public ou l’environnement, qu’elle ait été voulue ou non : du musée à la bibliothèque, du Jardin du roi au musée d’histoire naturelle, du planétarium aux musées de l’homme. Les arts visuels ont transformé l’expérience plutôt que l’inverse. La célébration du centenaire de Nadja (particulièrement au musée de Rouen) et son public, comme l’an dernier le centenaire de Salammbô, en renouvellera l’occasion – On relèvera les nouvelles formes d’exposition et leur rapport à la performance, renouvelant de manières diverses et inattendues les figures anciennes décrites comme art total. Elles sont engagées aujourd’hui selon des lieux et temporalités autres. Tout cela demande une réinvention du vocabulaire esthétique et critique. Y contribue particulièrement le terme d’hétérotopie, proposé par Michel Foucault, en y ajoutant comme un parallèle naturel, celui d’hétérochronie plutôt que leur assimilation compacte sous le terme trop sollicité de représentation. Sans préjuger d’autres innovations convenant aux usages contemporains de la communication des arts, qu’elles aient été récemment habilitées ou en voie d’invention – ce dont témoignent la famille des récents développements cinématographiques. Designers et commissaires d’exposition seront sollicités Le programme et la liste des invités seront communiqués lors de la première séance.

Being and Time : Everydayness, Anxiety, Truth – Ondra KVAPIL
S1– Mercredi 12h-14h – Pasteur
The course advances an in-depth, section-by-section, reading and a critical discussion of Heidegger’s Being and Time from the last year. For newcomers, an extensive introduction to the work as well as a summary of the opening chapters will be given at the beginning of the class. In the first semester, we will start by focusing on the core chapter of the book’s first division, the one concerning attunement, understanding, and discourse. Far from merely elucidating these key concepts one by one, we will elaborate on their inner unity and thus gain a complex insight into the underlying structure of everyday being-in-the-world. Our attention will subsequently be drawn toward Heidegger’s account of the anxiety in which everydayness falls apart. We will emphasize its crucial, both methodological and ontological, importance for the project of Being and Time, and then we will, in the concluding discussion of the concept of truth, unravel the philosophical motives which led Heidegger to abandon the project shortly after the book had been published. (The class can be validated for the DENS and the PSL masters as well as by the exchange students.)

Being and Time : Death, Authenticity, Temporality– Ondra KVAPIL
S2 - Mercredi 12h-14h – Pasteur
In the second semester, the existentialist heart of Heidegger’s Being and Time will be examined. We will read through the famous chapter on being-towards-death and study several of its provocative claims concerning the priority of one’s own death over the death of the other, the exclusivity of human death in comparison to the mere perishing of other living beings, or the status of death as the ownmost possibility of human existence. The critique of these assertions by authors ranging from Sartre to Derrida will be discussed along the way. A detailed analysis of the equally controversial concept of authenticity will follow while particular attention will be paid, apart from the notorious notions of resoluteness and guilt, to the discursive character of conscience and the distinctive silence of its voice. To end the seminar, we will elaborate on the ultimate thesis of the work according to which each one of us is, in fact, the time itself. (As each semester is conceived as an autonomous class, they can also be validated separately.)

Ethologie philosophique – Dominique LESTEL
S1 – Mardi 14h-16h – Assia Djebar 29 rue d’Ulm)
L’éthologie philosophique n’est pas une philosophie de l’éthologie mais un domaine philosophique qui s’intéresse à tous les agents vivants (humains ou autres-qu’humains, biologiques ou post-biologiques incluant aussi bien les fantômes, les personnages de fiction, les IA ou les avatars numériques) et aux « Mondes » qu’ils partagent - en mobilisant non seulement le point de vue de la troisième personne, mais également celui de la première personne et celui de la deuxième personne. Cette année, nous nous intéresserons à la question de savoir ce qu’est un « Monde », de Jakob von Uexküll à Second Life. Thomas Nagel estimait qu’on ne pourrait pas donner une représentation objective des états subjectifs d’une chauve-souris, mais il négligeait la possibilité de s’engager dans un « devenir chauve-souris » faisant émerger d’inquiétantes et fécondes proximités à la lisière des espèces.

HyperFutur et HyperPassé – Dominique LESTEL
S1 – Mardi 16h-18h – Borel (29 rue d’Ulm)
L’HyperFutur, c’est le futur à 100 000 ans ou plus, mais c’est aussi ce qui peut commencer demain. L’HyperPassé, c’est le passé à 100 000 ou plus et il est paradoxalement dépendant de l’HyperFutur. HyperFutur et HyperPassé nous mettent au défi de penser l’impensable et s’y intéresser nous oblige à redonner à l’imagination une place centrale dans la philosophie et à considérer l’audace comme une vertu intellectuelle majeure contre les bureaucraties du concept. Mobiliser de nouveaux dispositifs conceptuels devient donc nécessaire et on s’intéressera aux connexions de la philosophie à la science-fiction, à des théoriciens de la cybernétique comme von Förster, aux nouvelles et très récentes et révolutionnaires techniques de programmation en termes de réseaux de neurones et on relira dans cette perspective des auteurs comme Hans Jonas, Ernst Bloch ou Raymond Ruyer.

La pensée anarchiste contemporaine – Dominique LESTEL
S1 – Mercredi 14h-16h – Langevin (29 rue d’Ulm)
La pensée anarchiste contemporaine est aujourd’hui d’une très grande vitalité et elle propose un modèle politique original qui diffère à la fois des régimes autoritaires et des démocraties représentatives. Le cours veut essayer de caractériser globalement la pensée anarchiste contemporaine traversée par des courants multiples, parfois contradictoires les uns avec les autres, et de s’attarder sur quelques-uns de ses théoriciens et ses concepts les plus intéressants. Cette année nous nous intéresserons aux théoriciens anarchistes poststructuralistes (Todd May, Lewis Call, Saul Newman) et à la notion de « Zone d’Autonomie Temporaire » d’Hakim Bey qui s’inscrit en partie dans cette mouvance.

Séminaire Doctoral - Dominique LESTEL
S1-S2 –Mercredi 17h-19h – Sartre (sous-sol du Pavillon Pasteur)
Le séminaire doctoral concerne surtout les étudiants et chercheurs qui veulent développer une philosophie de terrain. Le séminaire fonctionne en grande partie comme un atelier de recherche. Il alterne des exposés d’étudiants sur leurs travaux, des exposés plus formels sur certains théoriciens importants pour la philosophie de terrain (par exemple sur Paul Feyerabend, Günther Anders et Val Plumwood), et des exposés d’invités divers. Assister à ce séminaire nécessite un entretien préalable.

Pouvoir et légitimité : la question de l’autonomie du politique – Elena PARTENE
S2 – Vendredi 16h-18h – Résistants
Ce cours prévoit d’interroger les rapports complexes de la morale et du politique en philosophie moderne. La distinction que fait Kant entre légitimité, gouvernant la sphère morale, et légalité, définissant la sphère du politique, pose une frontière qui ne cessera pourtant d’être interrogée, que ce soit dans les réflexions sur le droit de résistance ou dans l’interprétation de la Révolution française. Le politique peut-il véritablement s’émanciper de toute intervention morale ? Quelles sont les formes, les moments et les limites d’une conjonction éthico-politique légitime ? Comment penser l’interdépendance de ces deux sphères normatives ? Le parcours suivi s’ancrera dans la philosophie moderne, avec une sollicitation particulière des philosophes allemands.

Séminaire Mathesis – Sophie ROUX et Jean-Pascal ANFRAY
S1-S2 – Jeudi 12h-14h – Pasteur
Calendrier spécifique : ci-après
Le Séminaire Mathesis est l’occasion pour les membres de l’équipe Mathesis de la République des savoirs, enseignants-chercheurs aussi bien que doctorants, de présenter leurs travaux, de discuter des articles importants et d’écouter les collègues étrangers de passage à Paris. Étant donné ce que sont les recherches des membres de Mathesis, les recherches présentées dans ce séminaire relèvent de l’histoire de la philosophie moderne et de l’histoire et de la philosophie des sciences. Il est ouvert aux étudiants de Master qui souhaiteraient participer à un séminaire de recherche. Les séances sont consacrées soit à discuter des travaux en cours, soit en des conférences invitées. Le programme sera annoncé et mis à jour sur le site de l’équipe Mathesis : https://mathesis.hypotheses.org/
6 octobre : Lucas Escobar « La notion de possibilité chez les historiens : vers une épistémologie des modalités »
20 octobre : Ange Pottin, « Matière fertile. Le capital fissile et l’écologie imaginaire de l’industrie nucléaire »
27 octobre : Louis Guerpillon, « L’horizon pratique de la compréhension de soi : la tradition herméneutique face à la pensée kantienne »
24 novembre : Alexis Anne-Braun, « Le modèle photographique : entre discours esthétique et théorie de la référence »
8 décembre : Marie Deschamps, « Proudhon, un ennemi de Rousseau »
2 février : Pietro Omodeo, « Towards a Social History of Water Practices and Knowledge in Early Modern Venice »

Les jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences– Stéphanie RUPHY et Sophie ROUX
S1 – Jeudi 18h-20h – Résistants
Les Jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences propose aux étudiants littéraires et scientifiques une série de conférences qui offre un large panorama des recherches en histoire et philosophie des sciences, ces dernières étant entendues au sens large, de manière à aller jusqu’à la sociologie des sciences, à l’anthropologie des sciences, ou à certains aspects des sciences cognitives. Les conférenciers sont invités à recommander la lecture d’un de leurs articles ou livres récents, qui est posté sur le site du séminaire pour que tous les participants puissent le lire à l’avance. La séance se déroule de la manière suivante : le conférencier présente le travail en question ; un des organisateurs en fait un bref commentaire ; une discussion informée a finalement lieu. Le programme changeant chaque année, il est possible suivre plusieurs années de suite ce séminaire pour acquérir une véritable culture en histoire et philosophie des sciences.
22 septembre 2022 - Michael Stolberg, Universität Würzburg
Anatomy and surgery in the sixteenth century : Gabriele Falloppia (1522/23-1562).

29 septembre 2022 - Antonine Nicoglou, Université de Tours
Les défis philosophiques posés par l’expérimentation animale en psychopharmacologie

6 octobre 2022 - Simon Schaffer, University of Cambridge
Temporalities and imperial Sciences

20 octobre 2022 - Sabina Leonelli, University of Exeter
Globalising local knowledge beyond extractive epistemologies : Lessons from crop data science

27 octobre 2022 - Jung Lee, Ewha Womans University (Seoul) / IEA de Paris
Cranes, cultivating a new knowledge practice in late Chosŏn Korea : Cultured nature generating instrumentalities

10 novembre 2022 - Sébastien Dutreuil, CNRS - Centre Gilles-Gaston-Granger
Quelle est la nature de la Terre ? Réflexions d’histoire et de philosophie des sciences

17 novembre 2022 - Olivier Sartenaer, Université de Namur
Une solution contextualiste au problème de la démarcation

24 novembre 2022 - Lavinia Maddaluno, Università di Venezia Ca’ Foscari
Des eaux, des airs et du riz : notes pour une histoire environnementale du Duché de Milan (XVIIe-XVIIIe siècles)

1er décembre 2022 - Steven Vanden Broecke, Universiteit Gent
What was astrology ? Challenges in historicizing a ’wretched subject’

8 décembre 2022 - Carsten Reinhardt, Universität Bielefeld
Research clusters. Organizing Science at the Max Planck Society

15 décembre 2022 - Yasmine Marcil, Université Sorbonne Nouvelle
Les débats sur l’inoculation de la variole au XVIIIe siècle

12 janvier 2023 - Pietro Omodeo, Università di Venezia Ca’ Foscari
Political hydrogeology : the vantage viewpoint of Anthropocene Venice

Philosophie des sciences / philosophy of science (Fondemanents analytiques/Core analytics) – Stéphanie RUPHY
S1 – Mercredi 10h30-12h30 – Conférence (46, rue d’Ulm)
Ce cours est accessible tout autant aux étudiants scientifiques que littéraires. Ce cours introductif propose une sélection des principales problématiques en philosophie des sciences de tradition analytique. Seront abordées des questions traditionnellement au cœur de cette approche philosophique : qu’est-ce qu’une explication scientifique ? quelle est la nature d’une théorie scientifique et comment fonctionne sa confirmation par l’expérience ? les différents types d’inférence en science ; le débat réalisme – antiréalisme ; la question du réductionnisme, etc. Seront également abordés des développements portant sur des dimensions sociales et politiques de l’activité scientifique, notamment les contributions d’une philosophie féministe des sciences. (Ce cours sera donné tous les deux ans dans le cadre de la mineure philosophie analytique).

Séminaire doctoral. L’engagement en science : enjeux politiques et épistémologiques – Stéphanie RUPHY
S1 – Lundi 17h-19h (tous les 15 j) – Salle Sartre (sous-sol du Pavillon Pasteur)
Ce séminaire est accessible sur demande, après entretien. Il est validable uniquement dans le cadre du DENS (pas de validation Master).

La démocratie au travail – Perrine SIMON-NAHUM
S1- Mardi 10h30-12h30 – Résistants
La démocratie n’a cessé au XXème siècle d’être au cœur du débat philosophique. Elle subit aujourd’hui la double épreuve de la pandémie et de la guerre. La figure de la démocratie n’a donc cessé d’être au travail opérant, au-delà de la seule philosophie politique, comme un élément de critique de nos sociétés depuis l’intérieur même des systèmes philosophiques.
Nous partirons des débats des années 1950 qui opposent la démocratie aux théories de la fin de l’histoire (Aron, Sartre et Merleau-Ponty mais aussi H. Arendt), pour étudier ensuite les nombreuses reformulations qu’a connues le concept de démocratie au cours des années 1960 confrontée au thème du pouvoir chez Cl. Lefort, C. Castoriadis , Foucault, pour nous interroger dans un troisième temps sur la « démocratie critique d’elle-même » à la lecture des œuvres de J. Rancière, J. Derrida, E. Balibar G. Agamben, J-L Nancy ou J. Butler.

La sœur de Shakespeare au XXème siècle – Perrine SIMON-NAHUM
S2 – Mardi 10h30-12h30 – Résistants
Les femmes sont-elles les grandes absentes de la philosophie ? Elles y sont, au contraire, fortement enracinées et y prennent abondamment la parole. Elles ne le font pas toujours en tant que philosophes mais en assumant un propos philosophique. Elles sont donc présentes mais autrement. V. Woolf s’interrogeant sur la situation qui aurait été celle de la sœur de Shakespeare, interpelle, à l’orée du XXème siècle, toutes celles qui cherchent, à travers leur plume et leur pensée, à définir le lieu d’existence d’un singulier féminin. Elle ouvre ainsi la voie à A. Nin, M. Yourcenar, M. Duras, S. de Beauvoir, N. Sarraute, T. Morrisson, J. Butler ou M. Nussbaum dont nous interrogerons les œuvres, non d’un point de critique littéraire, mais comme des prises de position philosophique.

Retrouver la guerre – Perrine SIMON-NAHUM et Anthony DEKHIL
S1 – Mardi 14h-16h – Résistants
Ce cours reposera sur l’idée selon laquelle la guerre n’est pas un simple objet parmi d’autres pour la philosophie mais le lieu d’une remise en cause radicale de la possibilité de tenir un discours rationnel sur l’Histoire. En ce sens, la guerre est une épreuve pour la philosophie : par la violence qu’elle met en jeu, par le soupçon qu’elle fait naître contre la force de nos idéaux moraux, elle défait les croyances naïves en un progrès compris comme déploiement nécessaire de la raison dans l’Histoire. Mais cette résistance de la guerre au discours philosophique permet à ce dernier de se renouveler par l’invention de nouveaux concepts et de nouvelles stratégies d’écriture qui offrent, en retour, une meilleure compréhension de ce qui, dans la guerre, fait encore énigme aujourd’hui. Par la lecture de textes fondateurs (Nietzsche, Alain, Aron, Weil, Schmitt, Girard…), le cours montrera les liens et les tensions entre approche littéraire et approche philosophique de la guerre au XXe siècle. Il s’intéressera tout particulièrement à la façon dont ces textes se répondent les uns aux autres par des motifs communs et par des problèmes partagés.

Le néoplatonisme et la crise de la culture (culture, savoirs, lien social et liberté) – Stéphane TOULOUSE
S1– Mercredi 14h-16h – Pasteur
Le néoplatonisme est le nom donné à la philosophie qui domine intellectuellement dans les derniers siècles de l’Empire romain. Cette philosophie n’a pas seulement imposé de nouvelles bases métaphysiques, une nouvelle ontologie et un dépassement de l’ontologie ; elle a réfléchi avec une acuité inquiète sur la crise de la culture antique qui est un nom possible, attribuable aux transformations du monde antique à partir des IIIe-IVe siècles. Comment sauver la culture traditionnelle, polythéiste de naissance, dans un monde qui se christianise ? comment recomposer un système des savoirs en rapport étroit avec la philosophie classique qui cherche à établir le vrai, dans ce monde christianisé doté d’une nouvelle philosophie, la théologie ? comment la philosophie peut-elle contribuer à l’analyse et au maintien du lien social et de la liberté civique, quand les structures sociales et politiques, les conceptions politico-théologiques, et les rapports de pouvoir sont en voie de modification radicale, surtout à partir du IVe siècle, et que l’intolérance religieuse monte ? En réfléchissant à la conservation, espérée sinon possible, de « biens patrimoniaux » vénérables, appartenant à la culture et aux savoirs classiques, comme à la morale et à l’esprit politique classiques, le néoplatonisme a inventé de nouvelles manières de se les approprier, les a modernisés

Introduction à l’herméneutique – Ginevra VENIER
S1 – Vendredi 16h-18h – Résistants
Le but du cours sera de mesurer la portée de certaines approches herméneutiques dans l’histoire de la pensée tout en donnant droit aux critiques formulées à leur encontre. On approfondira les caractères généraux des théories qu’on a l’habitude de désigner par le terme « herméneutique philosophique » et les différences qui les séparent de ce qu’on aura appelé l’« herméneutique critique ». Cela reviendra à reconstruire un double héritage : d’une part les tenants de l’herméneutique philosophique, comme exemple Gadamer et Ricoeur se réclament, à des différences près, tenant de l’herméneutique critique, comme Szondi et Bollack, l’herméneutique de la deuxième moitié du XXè siècle nous conduira à remonter aux origines de ces théories, chez des penseurs du XIXè et XVIIIè siècle.

Philosophie française contemporaine : La Philosophie de Michel Serres – Frédéric WORMS
S1 – Mercredi 18h-19h30 – Cavaillès - à partir du 21/09/2022
Comprendre l’unité de la pensée philosophique de Michel Serres depuis ses premières publications et même avant, grâce aux premiers inédits qui rejoignent le projet des Œuvres complètes (dont le premier volume paraîtra en octobre 2022), et jusqu’à ses derniers livres dans toute leur diversité, la situer aussi dans son développement et dans les moments historiques qu’elle traverse et contribue à définir, de la structure au vivant, tel est le projet de ce cours. De la thèse sur Leibniz (Le système de Leibniz et ses modèles mathématiques) jusqu’au Contrat naturel, en passant par les Hermès, Le Parasite et bien d’autres, quelle est l’unité de cette œuvre qu’il convient enfin d’étudier pour elle-même, à la fois dans sa genèse, ses contenus et ses enjeux, les plus contemporains ? On proposera une hypothèse et un parcours d’ensemble mais aussi quelques coups de sonde approfondis, des confrontations avec des contemporains, dans une série de séances hebdomadaires qui seront complétées par des interventions d’invités et une journée d’études, dans le cadre du Projet Michel Serres porté par le Centre international d’études de la philosophie française contemporaine en lien avec la Fondation de l’ENS et la Fondation Michel Serres.

Philosophies européennes – Frédéric WORMS et Marc CRÉPON
S2 – Mercredi 18h-19h30 – Cavaillès
Il faut entendre l’intitulé de ce séminaire au double sens problématique de l’adjectif. Il a pour enjeu à la fois de poser le problème philosophique de l’Europe et de créer une communauté de voix européennes et non-européennes qu’il s’agira d’écouter, de lire et de discuter dans le séminaire lui-même, dans toute la diversité de leur provenance et de leur langue. Leur rassemblement a pour vocation d’étudier la pluralité des héritages croisés, empruntés, traduits, constitutifs de ces philosophies d’Europe, mais au moins autant de mesurer leur responsabilité présente pour affronter et penser les problèmes du moment, interrogeant par là-même leur ouverture sur (et leur disponibilité pour) ce qui vient.

Approches poétiques, pratiques et politiques de l’arche et de la catastrophe - Anne SIMON, Marine FAUCHE et Anthony DEKHIL
Annuel - Mercredi - 14h 16h (première séance salle Cavaillès)
4 séances : Anne (21 et 28 septembre ; 12 et 19 octobre)
4 séances : Marine (9 et 23 novembre ; 7 décembre ; 18 janvier)
4 séances : Anthony (01 et 15 février ; 15 et 29 mars)
Le séminaire abordera le motif de l’arche dans son lien à l’écologie et l’environnement selon trois approches complémentaires, trop rarement entrecroisées. Certaines séances donneront lieu à un dialogue avec des intervenantes et des intervenants invités.
Que peut le récit en temps de désastre ? Anne Simon reviendra pour commencer sur le temps long de l’apparition du mythe du déluge et de l’arche en Mésopotamie (Épopée de Gilgamesh notamment) et dans la Bible (sections sur Moïse enfant et Noé), à la lumière de controverses et de commentaires fructueux. Elle abordera ensuite, d’un point de vue éco- et zoopoétique, des textes littéraires des XXe-XXIe siècles revitalisant le motif de l’arche à l’aune des situations écologiques – aux sens philosophiques et politiques des deux termes et du pluriel.
Marine Fauché investira le champ très concret des pratiques de conservation : l’arche contemporaine prend les formes, spatiales et institutionnelles, du refuge, de la réserve, de la banque ou de la liste, formes dont elle interrogera les temporalités et la portée effective mais aussi les limites, en questionnant notamment les métaphores économicistes ou éco-paternalistes dont elles sont porteuses, par un dialogue entre pratiques de conservation et philosophie.
Anthony Dekhil s’interrogera enfin sur les implications politiques de la tension entre déluge et arche, entre perspective de la catastrophe et volonté de lui échapper. Si le motif de la catastrophe est souvent mobilisé dans les discours publics en raison de ses effets de choc et d’interpellation, suffit-il pour autant à penser une écologie politique qui puisse articuler histoire naturelle et histoire humaine, sans fatalisme ?

Plus d’informations sur le Carnet de recherche du CIEPFC : https://philofr.hypotheses.org/2418