Sont obligatoires pour tous les normaliens philosophes :
le cours d’intégration
le cours Grandes œuvres (au moins 1 semestre)
le cours d’Introduction à la logique
Le cours d’intégration doit être validé lors de la première année de scolarité.
Les deux autres sont à valider de préférence durant la première année
mais, en cas d’impossibilité, ils peuvent l’être au cours de la deuxième
année et impérativement avant la fin de la scolarité.
COURS D’INTÉGRATION (POUR LES ÉLÈVES PHILOSOPHES DE PREMIÈRE ANNÉE)
Philosophie et anthropologie : qu’est-ce que l’homme ? – Elena PARTENE et Perrine SIMON-NAHUM
S1 – Jeudi 14h-16h – Résistants
Sauf première séance : le 24/09 8h30-10h30
Ce cours est obligatoire et réservé aux normaliennes et normaliens
philosophes de la promotion 2026. Il sera validé par des exposés en
groupes dont les sujets sont distribués lors de la première séance.
Le cours d’intégration porte cette année sur la question « qu’est-ce que
l’homme ? ». Des Présocratiques à la philosophie de la déconstruction,
l’interrogation sur l’existence d’une nature humaine constitue l’un des
points saillants des révolutions conceptuelles qu’il conviendra de
réinterroger. Quatre directions sont ici envisagées. Tout d’abord la
manière dont cette question rythme l’histoire de la philosophie et dont
elle organise le dialogue entre les différentes positions. En second
lieu on examinera ce que ces ruptures induisent du point de vue du lien
entre théorie et pratique (la liberté rend-elle caduque l’idée d’une
nature humaine ?), mais aussi ce qu’elles nous disent du rapport aux
différentes sciences dures et sociales (l’objectivation de l’homme ne
manque-t-elle pas l’essence de l’homme ?). Enfin, en se plaçant au cœur
de la question actuelle du vivant, on s’interrogera sur la nature des
mutations que nous vivons actuellement regardant la spécificité humaine
dans le règne de la nature et l’éventuelle transformation de la nature
humaine.
GRANDES ŒUVRES
Le cours « Grandes œuvres » est réservé aux seuls normaliens et
normaliennes de 1ère année, mais ouverts à tous les départements. Il
s’agit d’étudier quatre œuvres fondamentales de la tradition
philosophique en consacrant à chacune six séances de 2h. Ce cours est
validable dans le cadre du DENS.
S1 – Lundi 10h30 -12h30 – Résistants
Kant, Critique de la faculté de juger – Laura BRUNET
Dernière des trois Critiques de Kant, la Critique de la faculté de juger
occupe une place décisive dans le système transcendantal. Elle aborde
plusieurs problèmes majeurs de la philosophie kantienne : le jugement de
goût, le beau et le sublime, la finalité, les organismes. La diversité
de ces thèmes contribue à l’impression d’hétérogénéité qui se dégage de
cette dernière Critique, et il est au premier abord difficile d’en
saisir l’unité.
Cette unité apparaît cependant à la lumière de la place qu’occupe la Critique de la faculté de juger
dans l’édifice critique. Kant y confère à la faculté de juger une
fonction réflexive et architectonique, chargée d’opérer la médiation
entre le domaine de la nature, déterminé par les lois de la raison
théorique, et celui de la liberté, ouvert par la raison pratique. La
notion de finalité joue alors un rôle central, en permettant de penser
la nature comme si elle était compatible avec nos facultés et avec les
fins de la raison.
Notre lecture de l’ouvrage visera ainsi à étudier ses textes majeurs tout en
interrogeant l’unité problématique de cette troisième Critique et, à
travers elle, celle du système de la philosophie kantienne.
L’édition utilisée sera celle de GF, 1995, traduction de Alain Renaut.
Merleau-Ponty, L’Œil et l’esprit - Dimitri KOUPTSOV
À l’été 1960, au milieu de la nature provençale chère à Cézanne, Merleau-Ponty achève son dernier ouvrage : L’Œil et l’Esprit.
Le cours en propose une lecture suivie et constitue une introduction
possible à la pensée de l’auteur, qui entremêle phénoménologie et
ontologie. Dans cet essai, le philosophe poursuit la « réhabilitation
ontologique du sensible » (Signes, p. 210) qu’il avait engagée dès la Phénoménologie de la perception (1945).
L’ouvrage est divisé en cinq sections. La première s’intéresse à la
manière dont le scientifique élabore une « pensée de survol » et renonce
ainsi à habiter le monde. La deuxième aborde la question d’une autre
science, celle du peintre, une « science secrète » dont l’auteur
détermine l’objet et la fonction. La troisième précise les contours de
cette réalité spectrale que le peintre révèle à travers son regard et
que Merleau-Ponty appelle « l’Être ». La quatrième examine la dimension
historique des œuvres picturales. La cinquième forme la conclusion. Nous
chercherons à saisir l’unité de la réflexion qui se déploie dans
l’ouvrage, en prêtant une attention particulière au vocabulaire propre
de Merleau-Ponty (le corps, la chair, le rayonnement, l’entrelacs…), à
sa théorie de la perception (qui s’oppose à celle de Descartes) et à sa
conception de l’image (qui s’oppose à celle de Sartre). Nous utiliserons
l’édition la plus récente (éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1985,
rééd. 2019) et tenterons de relever le défi lancé par Sartre : « L’Œil et l’Esprit (…) dit tout pourvu qu’on sache le déchiffrer » (« Merleau-Ponty vivant », Les Temps Modernes, octobre 1961, p. 372).
S2 – Lundi 10h30-12h30 – Résistants
Duhem, La théorie physique. Son objet, sa structure (1906) - Mathis PRUVOST
Ce cours consistera en une lecture suivie de La théorie physique. Son objet, sa structure de Pierre Duhem. Si l’œuvre n’a pas immédiatement été lue ou commentée, elle a bénéficié d’un regain d’intérêt au cours du XXe siècle
– au point que l’on considère aujourd’hui l’unité de la position
holiste Duhem-Quine pour caractériser la solidarité entre un fait
scientifique et la structure théorique qui le supporte ou lui donne
sens. La thèse de Duhem, qui devance sous ce point de vue certaines
positions de l’empirisme logique des années 1950 défendant la
sous-détermination des théories par l’expérience, tient dans l’idée
qu’une théorie physique n’explique jamais le réel : elle ne fait que
représenter l’unité et la cohérence d’un ensemble de propositions
logiques qui représentent ou symbolisent le donné. La physique s’attelle
alors davantage à « sauver les phénomènes » qu’à atteindre le vrai, ce
qui ne suppose pas pour autant que les théories soient inefficaces ou
inutilisables. Nous étayerons avec Duhem cette thèse polémique, tout en
croisant au fil de notre lecture les sous-problèmes traités ici par le
physicien-philosophe : comme la fonction classificatoire des théories,
le statut des hypothèses, la valeur des modèles, etc. L’édition retenue
pour ce cours est la suivante : Duhem, La théorie physique. Son objet, sa structure, Paris, Vrin, 2007.
Platon, Timée - Adrien POLLET
Le cours consistera en une étude du Timée, dialogue essentiel à la
postérité du platonisme, mais aujourd’hui moins favorisé du grand
public. Ne pouvant aborder tous les versants de cette œuvre en seulement
quelques heures, le cours prendra la forme de séances thématiques
autour des grandes questions soulevées par le texte.
Afin de rendre possible l’étude de ce dialogue, unique à bien des égards au
sein de la production de Platon, il nous faudra mobiliser de nombreux
passages d’autres dialogues. Le cours partira en effet du principe que
ce dialogue est moins un hapax excentrique, qu’une concrétisation et une
radicalisation de certains outils philosophiques platoniciens. C’est
finalement à une vue d’ensemble de quelques notions centrales de la
philosophie de Platon (âme, devenir, causalité, modèle intelligible,
démiurgie, bien) que notre lecture du Timée nous fera parvenir. Bien
plus, elle nous montrera également quels problèmes affleurent dans cette
économie philosophique dès qu’il s’agit de rendre compte de principes
proprement physiques et quelles solutions conceptuelles Platon entend y
apporter.
Le dialogue est à lire au préalable. La traduction utilisée en cours sera
celle de Luc Brisson (Timée-Critias, Paris, Flammarion, GF, 2026
[1992]). La lecture d’une introduction générale à la philosophie de
Platon est bienvenue (M. Dixsaut, Platon. Le désir de comprendre, Paris, Vrin, 2003).
INTRODUCTION À LA LOGIQUE – Perceval PILLON
S2 – Lundi 16h-18h – Résistants
A venir