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LISTE DES ENSEIGNEMENTS 2016-2017

Cette liste doit être complétée par les sites d’enseignements de l’ENS et de l’EHESS, signalés comme validables dans le Philmaster. Vous trouverez notamment les précisions horaires et géographiques de ces enseignements. Il vous appartient de discuter avec le tuteur qui vous sera attribué le parcours de formation qui, en M1 devra inclure au moins un enseignement dans trois des quatre rubriques proposées par le Philmaster, à savoir :

A) Philosophie de la connaissance, du langage et de l’esprit B) Philosophie morale et politique C) Phénoménologie et Métaphysique D) Philosophie du XXème siècle : perspectives historiques et critiques

A) Philosophie de la connaissance, du langage et de l’esprit

Frege : Les Fondements de l’Arithmétique, Paul Egré S1, 6 ECTS L’objet de ce cours sera de donner une présentation de l’ouvrage de Frege Les Fondements de l’Arithmétique, paru en 1884, et l’un des textes fondateurs de la philosophie analytique. Il s’agira de comprendre et d’élucider la conception frégéenne des nombres, mais aussi de donner accès à d’autres aspects de l’oeuvre de Frege ou des auteurs qu’il discute, susceptibles d’éclairer le texte. Renseignements : paulegre@gmail.com

Introduction à la philosophie analytique, Pierre Jacob S1, 6 ECTS La philosophie analytique est née de la révolution logique accomplie entre autres par les philosophes Frege et Russell au début du vingtième siècle. Elle se caractérise non par des thèses mais par des arguments paradigmatiques. L’objectif de ce cours est d’introduire aux concepts et distinctions conceptuelles de base indispensables à la compréhension de n’importe quel secteur spécialisé de la philosophie analytique contemporaine : la philosophie du langage, la philosophie des mathématiques, la philosophie des sciences, la philosophie de la connaissance, la philosophie de l’esprit, la philosophie de l’action, la philosophie morale et ainsi de suite. 1. Qu’est-ce que l’intentionnalité ? (définition et thèse de Brentano/philosophie du langage et de l’esprit) 2. Y a-t-il des objets qui n’existent pas ? (la théorie russellienne des descriptions définies, la controverse Meinong/Russell/logique philosophique) 3. Comment un énoncé d’identité peut-il être vrai et informatif ? (la distinction sens/référence, Frege/philosophie du langage) 4. La théorie vérificationniste de la signification cognitive (philosophie des sciences, Carnap, Hempel, Ayer) 5. La distinction entre propositions analytiques et synthétiques (philosophie de la logique et des sciences, Wittgenstein-Carnap/Quine-Putnam) 6. La critique de l’induction et la réfutabilité des propositions scientifiques (philosophie des sciences, Popper-Carnap) 7. Que signifie le prédicat « vrai » et à quoi sert-il ? (la distinction tarskienne entre langage et métalangage ; ascension métalinguistique, Quine) 8. Les niveaux de sens : Sémantique et pragmatique (Grice et la philosophie du langage ordinaire) 9. Expliquer, prédire et comprendre (dualisme et monisme méthodologique en philosophie des sciences, Dilthey-Collingwood/Carnap-Hempel) 10. La distinction entre croire et savoir (les contre-exemples de Gettier à la distinction traditionnelle entre croire et savoir, la controverse entre internalisme et externalisme en philosophie de la connaissance) 11. Le problème ontologique corps/esprit (le fonctionnalisme peut-il surmonter la controverse entre le dualisme ontologique et le matérialisme Putnam/Fodor ?) 12. La perception (l’expérience perceptive est-elle réductible au jugement ? La controverse Dretske/Dennett) 13. L’action (la critique de la conception behavioriste de l’action et le rôle des intentions dans la distinction entre mouvements et action, Davidson) Renseignements : jacobpiotr11@gmail.com ou Michael Murez

Introduction à la logique, Paul Egré S1, 6 ECTS L’objet de ce cours est de fournir une introduction à la logique contemporaine (logique propositionnelle, logique des prédicats). Le cours vise en outre à montrer l’importance de la logique pour la compréhension des notions de vérité, de preuve, et de conséquence logique. Le cours vise aussi à donner quelques perspectives sur les applications de la logique à la psychologie du raisonnement, à l’étude du langage, et à l’élucidation de questions de nature métaphysique. Le cours ne présuppose pas de connaissances particulières mais amènera les étudiants à se familiariser avec le formalisme. Validation : 1 devoir maison toutes les deux semaines environ, 1 examen final. PREMIÈRE SÉANCE 28 SEPTEMBRE 9H30-11H30 SALLE DES ACTES (45 RUE D’ULM) Renseignements : paulegre@gmail.com

Niveaux et dimensions du sens : introduction à la philosophie du langage Michael Murez, François Recanati S1, 6 ECTS Ce séminaire introductif portera sur les thèmes suivants : • Qu’est-ce que la signification ? Trois perspectives — référentielle, cognitive, et pragmatique. • Sens et référence, intensionalité et hyper-intensionalité. La critique du descriptivisme dans la philosophie du langage contemporaine. • Indexicalité et dépendance contextuelle : du langage à la pensée. • Force et contenu. La théorie des actes de parole et la sémantique compositionnelle. • Implicatures et contenu vériconditionnel. La querelle du contextualisme. Communication et « théorie de l’esprit ». • Ambiguïté, polysémie, sous-détermination. Les quatre premières séances, communes avec LC2, auront lieu les lundis de 13h à 16h, à partir du 26 septembre 2016, à l’ENS, 29 rue d’Ulm, en salle Prestige (voir détail sur le site du Cogmaster). Les cinq séances suivantes, dont le calendrier précis sera annoncé au début du séminaire, auront lieu les jeudis de 10h à 12h à l’Ecole normale supérieure également. Elles consisteront pour une large part en lectures et travaux dirigés sur les thèmes évoqués pendant la première partie du séminaire. Renseignements : Michael Murez

Introduction à la philosophie de l’esprit, Pierre Jacob, Michael Murez S1, 6 ECTS Horaire indicatif : CM mercredi 17-19h ; TD mardi 13-14h30 Ce cours d’introduction à la philosophie de l’esprit abordera d’abord les principales questions ontologiques et épistémologiques soulevées par les relations entre l’esprit d’un individu, son cerveau, son corps et son environnement. Il abordera ensuite les notions classiques d’intentionnalité (c’est-à-dire la capacité de l’esprit de représenter) et de conscience (c’est-à-dire la capacité de l’esprit d’éprouver des expériences subjectives) à la lumière des recherches en sciences cognitives. Enfin, seront traitées quelques unes des questions les plus controversées dans la philosophie de l’esprit contemporaine, notamment l’esprit étendu, la cognition située, la nature de l’introspection, etc. Renseignements : jacobpiotr11@gmail.com ou Michael Murez

La conscience de soi dans tous ses états : corps, action, et perception, Jérôme Dokic, Elisabeth Pacherie S2, 6 ECTS Horaire et lieu indicatifs : Mardi de 9h30 à 11h30, Salle du bas au Pavillon Pasteur, Ecole normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris. Dans ce séminaire, nous évoquerons le rôle de la première personne ou du soi dans divers phénomènes mentaux, tels que la perception sensorielle, l’expérience corporelle, la mémoire, l’imagination et l’action. Nous nous demanderons si la relation entre ces phénomènes et le soi est intrinsèque ou extrinsèque, et quel type de soi (minimal, substantiel, implicite, explicite, etc.) est en jeu. Nous poserons aussi la question de la nature de la conscience de soi impliquée (introspective, affective, procédurale, etc.). Pour répondre à ces questions, nous porterons une attention particulière aux données des sciences cognitives actuelles. Il s’agit d’un séminaire de recherche ouvert aux étudiants de M2, qui pourront le valider au niveau semestriel (12 séances de 2h au second semestre).

Esthétique cognitive : émotions, sentiments et valeurs (II), Jérôme Dokic (EHESS, IJN) Planning en cours de validation Ce séminaire prolonge celui de l’an dernier, mais il peut être suivi indépendamment. Nous nous demanderons s’il existe une expérience intrinsèquement esthétique, et comment il convient d’en rendre compte du point de vue de la philosophie de l’esprit et des sciences cognitives. L’expérience esthétique est-elle une forme de perception, d’émotion, ou les deux à la fois ? Révèle-t-elle des valeurs, esthétiques ou non, et si c’est le cas, est-ce au niveau de ce qu’elle présente ou du mode psychologique ou intentionnel dont elle relève ? La thèse que nous explorerons dans le séminaire est que la relation entre l’expérience et les valeurs esthétiques est plus ténue qu’il n’y paraît, et que la nature esthétique de l’expérience en question dépend essentiellement du contexte. Cette thèse, qui rapproche l’expérience esthétique de ce que les psychologues appellent une expérience métacognitive, est conciliable avec le réalisme des valeurs esthétiques. Nous tâcherons de dégager la nature des paramètres contextuels pertinents, en nous demandant s’ils concernent l’individu seulement ou également son environnement social. La relation entre l’expérience esthétique et l’appréhension de soi-même dans le monde naturel et social sera également abordée. Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Débats actuels en philosophie du langage, François Recanati, Michael Murez S2, 6 ECTS Le séminaire sera consacré cette année aux travaux de quatre professeurs invités : Stacie Friend (Birbeck, Université de Londres), Manuel Garcia-Carpintero (Université de Barcelone), Aidan Gray (Université d’Illinois à Chicago), Robin Jeshion (Université de Californie du Sud). Il portera principalement sur les thèmes suivants : l’assertion et ses normes ; la sémantique des noms propres ; la nature de la fiction ; la sémantique « relationniste » ; les termes d’offense et les expressions péjoratives ; la généricité Horaires et lieux : le séminaire aura lieu à l’Institut Jean Nicod (salle de réunion), 29 rue d’Ulm 75005 Paris, les mercredis et vendredis de 15h30 à 17h30, à partir du 19 avril et jusqu’à la fin juin, selon le calendrier suivant : Garcia-Carpintero : 19, 21, 26, et 28 avril ; Friend : 10, 12, 19, et 24 mai ; Gray : 31 mai, 2, 7, et 9 juin ; Jeshion : 14, 16, 28, et 30 juin Les professeurs invités présenteront leurs travaux en anglais et c’est dans cette langue aussi que, sauf exception, aura lieu la discussion. Des séances d’accompagnement avec travaux dirigés seront assurés par Michael Murez pour les mastériens souhaitant valider l’UE. Pré-requis : niveau M2 minimum, familiarité avec la philosophie analytique et bonne connaissance de l’anglais requises. Renseignements : François Recanati (recanati@ehess.fr) ou Michael Murez

Les attitudes épistémiques, Pascal Engel S2, 6 ECTS On étudiera dans ce séminaire la classe des attitudes épistémiques, et au premier chef les attitudes doxastiques (croyance, jugement, opinion, supposition, doute, conjecture, conviction, attente, etc.). On étudiera aussi la classe des sentiments épistémiques (impression, crainte, surprise, étonnement, etc.). On examinera leur rôle par rapport à la la connaissance, à l’action, à l’imagination, à l’émotion. L’approche sera à la fois descriptive et explicative, mais essentiellement orientée vers les relations de ces attitudes à la justification et à la vérité, et à leurs conditions propres de correction. Bibliographie indicative : Textes de Hume, Reid, Peirce, Meinong, Husserl, Russell, Ramsey, Scheler, Wittgenstein, et textes contemporains. Le séminaire aura lieu de mars à mai. 3 conférences associées à ce séminaire auront lieu en décembre 2016 Site web : https://sites.google.com/site/pasca... Renseignements : pascal.engel@ehess.fr

La connaissance sociale, Pascal Engel S2, 6 ECTS L’épistémologie sociale porte sur les conditions de possibilité de la connaissance sociale. Mais on peut la concevoir au moins de deux façons : ou bien comme une enquête descriptive sur les conditions matérielles et sociales des connaissances collectives sans s’interroger sur leur statut épistémologique, ou bien comme enquête normative sur la nature et la justification des connaissances sociales. C’est du second type d’enquête que l’on s’occupera. On discutera notamment l’épistémologie du témoignage, celle des croyances et de connaissances collectives, la question de la connaissance « étendue » et celle de la connaissance « digitale ». Bibliographie de base : Goldman, A. Knowledge in a social world, Oxford University Press 1999. Pré-requis : Niveau master Site web : https://sites.google.com/site/pasca... Renseignements : pascal.engel@ehess.fr

Les artefacts cognitifs : précurseurs, traces et ombres, Roberto Casati 6 ECTS L’utilisation massive des artefacts cognitifs (une vaste famille d’outils qui modifient certains de nos connaissances en contexte) est une signature de notre espèce et caractérise maints aspects de la culture humaine. Or si un grand nombre d’artefacts cognitifs sont dérivés (la notation musicale nait de l’écriture verbale, les cartes sont redéssinées grâce au GPS, etc.), certains (comme le dessin au trait) semblent être « primitifs », en ce sens que aucun précurseur culturel n’est documenté pour eux, et que postuler un « recyclage sans fin » crée une régression théoriquement insatisfaisante. Mais comment ces artefacts primitifs ont-ils pu voir le jour ? Une hypothèse simple (Kennedy 1975) est qu’ils ont été tout simplement découverts ; certains patterns environnementaux, tels que les traces laissées par une feuille d’arbre sur une pierre, ont prouvé que la perception des contours suffit pour la reconnaissance. Dans ce séminaire, nous poserons d’abord les jalons d’une théorie des artefacts cognitifs en nous appuyant sur des exemples très variés, de la notation musicale aux cartes pour la navigation, des diagrammes des nœuds aux files d’attente. Nous définirons une méthodologie pour étudier les précurseurs d’artefacts cognitifs : des patterns exemplaires dans l’environnement qui peuvent être recyclés dans le but de créer des outils pour la connaissance. Notre attention se tournera ensuite vers une étude de cas, les ombres portées comme précurseurs d’images – une idée validée par la tradition classique, notamment par le récit de Pline l’Ancien dans la Naturalis Historia. Nous montrerons comme la recherche est fortement contrainte par des facteurs environnementaux et biologiques : une grande partie de l’information contenue dans les ombres, par exemple, n’est pas utilisable par le système visuel, qui d’ailleurs fait appel à une logique propre, parfois surprenante, pour résoudre des problèmes de reconstruction de la scène grâce aux ombres. Étonnamment, les détails de cette logique ont été révélés par le travail de générations de peintres, que nous étudierons en nous appuyant sur un vaste corpus d’images. Séminaire ouvert à tous, après accord avec l’enseignant. Niveau requis : M1 Validation : participation active au séminaire ; un rendu (essai, création, projet) à discuter avec l’enseignant. Renseignements : casati@ehess.fr

Les nouveaux problèmes corps / esprit, Roberto Casati, Valeria Giardino, Pierre Jacob S2, 6 ECTS Horaire indicatif : Jeudi 9h30-12h30 Description : Nées dans les années 1950 de la répudiation du behaviorisme, les sciences cognitives se sont longtemps appuyées sur une conception computationnelle et neurocentrique de l’esprit. Selon cette conception, les processus mentaux sont identifiés à des processus cérébraux, lesquels sont identifiés à des processus computationnels. Depuis une bonne quinzaine d’années, les partisans des conceptions rivales, baptisées tantôt embodied cognition, tantôt extended mind, font valoir que la conception computationelle et neurocentrique de la cognition sous estime gravement la contribution de l’environnement corporel et non corporel du cerveau humain à la résolution des tâches cognitives. Ce cours est consacré à l’examen de ces controverses à la lumière des données expérimentales pertinentes. Validation : Blog 40% (chaque entrée évaluée sur 3) ; Participation active en classe 20% ; Examen sur table 40%. Pour le contrôle continu, chaque étudiant-e doit envoyer au plus tard 24 heures avant le cours une question (= 1000 signes espaces compris) sur l’article du jour. Les questions sur chaque article doivent être postées sur le blog sous forme de commentaire. Pré-requis : Cours d’introduction à la philosophie de l’esprit fortement souhaité

Les jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences Michel MORANGE, Sophie ROUX, S1, 6 ECTS Ce séminaire offre à toutes et à tous, littéraires et scientifiques, un large panorama des recherches et des questionnements en histoire, en philosophie et en sociologie des sciences. Chaque conférencier est invité à recommander la lecture d’un article ou d’un livre récent. Les textes en question sont placés sur une page dédiée du site du département de philosophie. Chaque séance se déroule de la manière suivante : le conférencier présente son travail ; une discussion informée avec les organisateurs et avec l’ensemble des participants s’ensuit. Jeudi, 17h-19h, à partir du jeudi 06 octobre 2016, salle Cavaillès

La déraisonnable efficacité des mathématiques Sophie ROUX, S1, 6ECTS En 1960, Eugene Wigner publie un article dont le titre est resté fameux parce qu’il semblait désigner une énigme insoluble, l’énigme de la déraisonnable efficacité des mathématiques en physique : comment se fait-il que les mathématiques soient si efficaces en physique, et cela bien au-delà du contexte particulier dans lequel elles sont apparues ? Cette question très générale sera prise comme fil directeur pour introduire à la philosophie des mathématiques, à l’histoire des mathématiques et à l’histoire de la philosophie des mathématiques. Me cours est ouvert à tous ceux et à toutes celles, philosophes et scientifiques, qui sont prêts à fournir un travail régulier. Il aura en effet lieu sous la forme d’un atelier de lecture, ce qui signifie qu’il faudra lire un texte de 30 à 50 pages chaque semaine, le cours consistant, à l’exception des séances d’introduction, à analyser ensemble les textes en question. Vendredi 09h - 12h00, à partir du vendredi 07 octobre 2016, salle Cavaillès

La Révolution scientifique, Sophie ROUX S2, 6ECTS Ce cours, ouvert à toutes et à tous, littéraires aussi bien que scientifiques, porte sur la première révolution scientifique à avoir reçu ce nom, la Révolution scientifique du XVIIe siècle. Il s’agit de se confronter à un certain nombre de savants (Copernic, Kepler, Bacon, Galilée, Descartes, Newton : c’est variable selon les années), et de comprendre, à partir d’une lecture de leurs textes, ce que chacun attendait de la science qu’il pratiquait, comment chacun la pratiquait, et pourquoi leurs œuvres ont été ultérieurement l’objet d’interprétations très différentes. On examinera aussi les critiques que les historiens des sciences ont adressées, à partir des années 1980, à l’idée même qu’il y aurait eu quelque chose comme une Révolution scientifique. Jeudi 16h - 19h, 8 séances de 3 heures (le calendrier exact sera communiqué en janvier), salle Cavaillès http://www.philosophie.ens.fr/Revol...

Introduction aux sciences humaines cognitives, Nicolas Baumard 6 ECTS L’objectif de ce cours est de présenter les travaux récents utilisant les approches cognitives en sciences humaines : anthropologie, économie, sociologie, histoire, études littéraires, histoire de l’art. Pour chaque séance, le cours partira d’une question classique de la discipline et s’appuiera sur un ou deux articles pour étudier comment les approches cognitives renouvèlent et complémentent les travaux existants. Les étudiants devront lire les articles en avances, et envoyer une page de commentaire pour préparer la discussion du cours. L’évaluation se basera sur la qualité des commentaires, la participation en cours, et la rédaction d’un mini-mémoire sur un thème proposé par l’étudiant et validé par l’enseignant. Le cours utilisera la plateforme Schoology qui permet de poster des commentaires, de poster du matériel de cours et d’organiser des discussions en lignes autour d’une question Il est à noter que le cours se concentre les questions de sciences humaines qui ne sont pas traitées dans le Cogmaster (dans les cours sur la prise de décision, l’esthétique, le langage ou les représentations).

Introduction aux sciences de la décision, Mikaël Cozic S2, 4 ECTS Horaire indicatif : lundi 17h-19h L’objectif de cet enseignement est d’introduire simultanément aux aspects philosophiques, formels et empiriques de la théorie de la décision, une discipline qui rassemble économistes, philosophes et psychologues. Le cours se divise en deux parties, séparées par une séance d’initiation à la neuroéconomie. La première partie porte sur la théorie de la décision individuelle. Elle sera largement consacrée à la décision individuelle en incertitude et plus particulièrement à la théorie de référence, la théorie de l’utilité espérée. Nous aborderons le modèle et son axiomatique, nous discuterons des situations qui semblent mettre en défaut ces modèles (comme le paradoxe d’Allais) et présenterons certains des modèles qui ont été proposés en réaction à ces mises en défaut (prospect theory). Cette première partie sera complétée par une initiation à la théorie du choix intertemporel et aux principaux biais découverts par la psychologie et la théorie de la décision expérimentale. La seconde partie du cours porte sur la théorie des jeux, qui traite des interactions stratégiques entre individus. Les étudiants seront initiés au cadre analytique quelle développe pour étudier les situations et aux principales solutions proposées pour les jeux à information complète (élimination itérée des stratégies dominées, équilibre de Nash pure et mixte, équilibre parfait en sous-jeux). Cette seconde partie s’achèvera par un examen de résultats expérimentaux portant sur quelques jeux importants (jeu du concours de beauté, jeu du mille-pattes, jeu de l’ultimatum et du dictateur). Pré-requis : Aucun pré-requis en théorie de la décision. Familiarité avec les notations mathématiques ensemblistes et des rudiments de probabilités sont souhaitables, même si des rappels seront faits. Il est souhaitable que les étudiants aient eu un premier contact avec la théorie des probabilités. Validation : Devoir sur table en 3 heures. Site web : http://mikael.cozic.free.fr/decisio...

Sens et interprétation, François Recanati, Benjamin Spector, Philippe Schlenker S1, 6 ECTS Horaire indicatif : lundi 13h-16h Le but général est d’introduire à l’analyse du sens et de la communication en utilisant les ressources de la logique, de la linguistique, de la psychologie et de la philosophie analytique. La distinction sémantique/pragmatique fera l’objet d’une attention particulière, et d’une tentative d’extension à la communication animale. L’UE est divisée en trois modules : 1. Niveaux et dimensions du sens (5 séances, Recanati) ; 2. Délimitation sémantique/pragmatique : Implicatures scalaires et présuppositions (6 séances Spector, Schlenker) ; 3. Sémantique et pragmatique primates (3 séances, Schlenker) Pré-requis : Pour les modules 2 et 3 : avoir suivi au moins un cours d’introduction à la logique ou une formation équivalente (en cas de doute, voir avec les intervenants). Validation : Devoir fait à la maison pour le premier module. Contrôle continu pour les autres.

Logique avancée, Jacques Dubucs S2, 6 ECTS Horaire indicatif : mardi 9h30-12h30 salle de Broglie D - 45 rue des Saints Pères 75006 Paris - 1ère séance le 28 février 2017

Au terme du cours, les étudiants auront acquis les connaissances suivantes : (a) Une carte générale de la logique, de ses méthodes et de ses applications (b) Des notions précises de théorie de la calculabilité et de la démonstration (machines de Turing, algorithmes, théorèmes d’incomplétude de Gödel) et des rudiments relatifs à la calculabilité "en pratique" (speed-up, complexité) (c) La sémantique des mondes possibles et son usage pour modéliser des situations et des problèmes : formalisation des attitudes propositionnelles, des situations de connaissance dans les groupes (coopération épistémique, common knowledge, annonces publiques) et des conditionnels contrefactuels (d) Les approches formelles de la rationalité : panorama des solutions contemporaines à la question de l’omniscience logique, raisonnement en situation d’incertitude (logique et probabilité, continuum des méthodes inductives), conditionnalisation bayésienne, updating et révision, lien avec la théorie de la décision Bibliographie : 1. Niveau introductif B. Chellas, Modal Logic, Cambridge UP, 1996 J. Dubucs, Logiques non classiques, in Mathématiques. Fondements, probabilités, applications, Paris, Albin Michel, 1998, 319-362 R. Goldblatt, Logics of Time and Computation, CSLI Lectures Notes, Stanford, 1992 2. Niveau avancé P. Blackburn & alii, Modal Logic, Cambridge UP, 2002 F. Fagin & alii, Reasoning About Knowledge, MIT, 1996 Pré-requis : Les étudiants doivent être familiers avec la logique classique du premier ordre (calcul propositionnel, calcul des prédicats, tels par exemple qu’ils ont été enseignés dans CO5).

Sciences de la décision, Brian Hill S1, 6 ECTS Horaire indicatif : lundi 13h-16h Le cours rappellera les concepts fondamentaux de la théorie de la décision et de la théorie des jeux, ainsi que certains de leurs résultats classiques, tout en s’approchant de travaux récents, soit théoriques, soit expérimentaux, qui font dialoguer les deux disciplines avec les sciences cognitives d’orientation psychologique et neurologique. La présentation accentuera ces liaisons, que l’économie expérimentale de la décision a rendues manifestes et que la neuroéconomie peut être de nature à renforcer. Elle privilégiera souvent les aspects mathématiques des théories exposées, ce qui favorise un autre rapprochement (avec la modélisation en sciences cognitives). Le cours est destiné à tous les étudiants qui souhaiteraient approfondir leurs bases en sciences de la décision : • soit qu’ils en fassent leur spécialité, • soit qu’ils se donnent le complément théorique dont la neuroéconomie et l’économie comportementale ont besoin, • soit qu’ils lui trouvent un chevauchement suffisant avec d’autres intérêts de recherche (en psychologie du raisonnement, en neuroscience théorique ou computationnelle, en modélisation mathématique, en logique et philosophie des sciences). Le cours mettra en évidence le concept de bayésianisme qui est devenu commun à plusieurs disciplines cognitives. Il est recommandé aux étudiants de l’école HEC directement admis en M2. Des projets de stages et de thèses à l’école HEC s’articulent sur les cours (il convient d’en discuter directement avec les enseignants). Les stages peuvent être menés en cotutelle avec des neuro-scientifiques, des psychologues ou des spécialistes de modélisation qui enseignent dans le master ou à l’extérieur. Pré-requis : Le cours suppose quelques prérequis en mathématiques générales, approximativement du niveau des concours scientifiques aux écoles de commerce et des concours aux écoles normales supérieures en section de biologie ou de lettres-sciences sociales (BL). Il n’est pas imposé aux étudiants de M2 qui proviennent du M1 d’avoir suivi le cours d’"Introduction aux sciences de la décision" (CO8), même si c’est conseillé. Il est possible à des étudiants de M1 de suivre directement le cours de M2, en s’en ouvrant au responsable principal. Validation : L’évaluation reposera sur un devoir écrit à la maison, sur des présentations orales synthétiques des articles (préparées en petits groupes), et sur une note de participation.

B) PHILOSOPHIE MORALE ET POLITIQUE

Eco-philosophie, Dominique LESTEL (CNRS, ENS) La philosophie de l’écologie – l’Eco-philosophie – a émergé en tant que telle à la fin du 20e siècle avec des penseurs majeurs comme le Norvégien Arne Naess, l’Australienne Val Plumwood, les américains Aldo Leopold, Paul Shepard, Peter Singer et Baird Callicott, l’Allemand Hans Jonas, etc., même si elle trouve ses racines chez des penseurs plus anciens comme David Thoreau. Elle est devenue aujourd’hui un domaine de recherche et de réflexion d’une grande créativité en engageant l’éthique, la morale et la philosophie politique sur des pistes inédites qui ont rapidement débordé l’écologie scientifique sensu stricto en s’hybridant avec des mouvements sociaux comme le féminisme ou les mouvements végétariens. Après avoir caractérisé le domaine de l’éco-philosophie de façon générale, nous en discuterons cette année l’un des points aveugles, celui du statut des plantes, des arbres et des champignons : les végétariens/végétaliens ont-ils raisons de tracer une frontière éthique entre les plantes et les animaux ou celle-ci est-elle aussi problématique que celle qui vise à séparer humains et animaux ? En fin de compte, l’enjeu est celui de savoir comment penser le vivant si on refuse de le structurer a priori avec des frontières hygiéniques. S1 Jeudi 14:00-16:00, Salle Pasteur 1er : Première séance le 06 octobre 2016

Politiques de l’amour, Marc Crépon (ENS) Toute doctrine de la non-violence finit toujours par en appeler à un commandement d’amour, dont l’une des expressions les plus consacrées est : « Aime ton prochain comme toi-même ». Mais l’invocation de l’amour en politique suppose-t-elle nécessairement le renvoi à une religion ? Toute politique de l’amour a-t-elle nécessairement une dimension théologico-politique ? Qu’en est-il du désir amoureux en politique ? Et de sa dimension subversive. C’est à l’exploration de ces questions que sera consacré le présent séminaire, au fil conducteur d’une lecture croisée de Kierkegaard, Nietzsche, Stendhal, Breton, Claudel, Levinas, Deleuze et Badiou. hebdomadaire (S1), le mercredi de 15h à 17h, salle Cavaillès

Introduction au théologico-politique (II), Marc Crépon (ENS), Marc de Launay (Archives Husserl) et Vincent Delecroix (EPHE) Le théologico-politique ne désigne pas un régime spécifique 
(théocratique) de gouvernement mais, d’une part, la dimension politique inhérente au religieux et, d’autre part, les configurations particulières qui lient l’aire du politique autonome à des soubassements religieux et théologiques : il indique ce qui, donc, du religieux peut demeurer, au sein de la modernité sécularisée, dans les principes du politique mais aussi dans les catégories de la science et de la philosophie politiques. 
En identifier les configurations multiples et parfois insoupçonnées, c’est certes reposer la question de sa permanence actuelle, de ses modes de présence, et aussi débattre de sa nécessité 
supposée. Mais c’est plus profondément faire apparaître les traits d’une logique contradictoire de construction et de déconstruction du politique par le religieux ; de même, l’examen des diverses modalités du théologico-politique entraîne celui de ses soubassements plus philosophiques : celui des théories ou des philosophies de l’histoire, et, partant, des conceptions du temps. C’est à explorer la nature et les formes de cette logique contradictoire, de cette ambivalence spectaculaire du politique que sera consacré le cours. hebdomadaire (S1), le mercredi de 10h à 12h, salle Cavaillès

L’État de droit face au terrorisme, Bernard Manin, (EHESS, CESPRA ) Rui Pereira, (EHESS, CESPRA) Planning en cours de validation Le séminaire examinera les problèmes de principe que le terrorisme pose à l’État de droit, à partir de la présentation et de la discussion de travaux récents. On s’attachera en particulier à analyser et à évaluer les transformations que la confrontation de longue durée avec le terrorisme a déjà engendrées dans les États de droit. Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

La pensée critique et les formes juridiques, Bernard E. Harcourt (EHESS) 6ECTS De 15 h à 18 h (105 bd Raspail 75006 Paris), de mai à juin : Mardi 23 mai 2017 = salle 8 ; Vendredi 26 mai 2017 = salle 13 ; Mardi 30 mai 2017 = salle 8 ; Jeudi 1er juin 2017, de 10 h à 17 h = amphithéâtre François-Furet (journée d’étude) ; Vendredi 2 juin 2017 = salle 13 ; Mardi 6 juin 2017 = salle 8 ; Vendredi 9 juin 2017 = salle 13 Ce séminaire sera l’occasion de réfléchir sur la relation, dans la pensée critique contemporaine, entre l’enquête sociale des sciences humaines et la méthode juridique provenant du domaine du droit. Après un an de réflexion sur le thème de « Law and Social Sciences » (2016-2017) à l’Institute for Advanced Study at Princeton, nous entreprendrons dans le contexte de ce séminaire de présenter les thèses et conclusions principales. Nous lirons, entre autres, des textes de Seyla Benhabib, Didier Fassin, Michel Foucault, et Bruno Latour.

Le concept d’institution, Vincent Descombes 6 ECTS Durkheim et Mauss expliquent que les institutions des diverses sociétés humaines constituent l’objet propre de la sociologie. Ils précisent que les sociologues prennent le mot d’institution dans le sens le plus large, pour toutes les manières d’agir et de penser qui se transmettent, sur le mode normatif, de génération en génération. Cette définition de l’objet des sciences sociales est-elle encore recevable aujourd’hui ? Comment concevoir le mode d’être d’une institution, ni naturel, ni artificiel ou « construit » ? Nous examinerons la manière dont la philosophie analytique contemporaine rend compte des faits institutionnels en nous appuyant sur les travaux déjà classiques de Peter Winch, Elizabeth Anscombe, John Searle et Margaret Gilbert. Niveau requis : master 1. Site web : http://cespra.ehess.fr/ Renseignements : vd@ehess.fr

Connaissance juridique et transformation du droit : les effets pratiques des doctrines, Otto Pfersmann (EHESS, IMM-CENJ ) Planning en cours de validation Ce séminaire est consacré au problème de la valeur explicative des théories du droit et des analyses doctrinales portant sur des questions juridiques particulières dans le domaine du droit constitutionnel comparé – c’est à dire des données structurant les systèmes juridiques dans leur ensemble. Tant les théories de la connaissance juridique que les doctrines juridiques proprement dites présentent un degré très élevé de diversité dans le temps comme à l’intérieur du champ disciplinaire contemporain. En dépit d’une technicité très évoluée et souvent hermétique, la prétention à l’objectivité du savoir qu’elles affirment pouvoir offrir paraît dès lors faible sinon arbitraire. Il s’en dégage souvent l’impression qu’elles disent plus sur les appréciations subjectives de leur auteur que sur l’objet dont elles traitent. Le séminaire vise à reconstruire les données fondatrices de ces théories dans une perspective systématique et historique. Il apparaît en effet que certaines thèses récurrentes dans le débat contemporain (la question des « lacunes », le pouvoir « créateur » des juges, la nécessité de « surmonter le formalisme » etc.) plongent leurs racines dans des conceptions anciennes, régulièrement réadaptées et exerçant toujours un grand pouvoir d’attraction. Les théories contemporaines se situent quant à elles dans le sillage de théories philosophiques souvent insuffisamment contextualisées. La présentation des théories sera illustrée par des exemples concrets de traitement de questions doctrinales. Cet exercice permettra de faire apparaître tant les origines des concepts et méthodes utilisés que les effets des solutions proposées dans les différents ordres juridiques en question.

Normes et valeurs : primauté et différence, Frederic Nef (EHESS, IJN), Otto Pfersmann (EHESS, IMM-CENJ) Planning en cours de validation Les recherches sur les normes, liées à la réflexion sur les fondements de la logique déontique et à la philosophie du droit (différence entre les énoncés descriptifs et les énoncés normatifs) et celles sur les valeurs, consacrées en grande partie à l’intrinsécalité, ont été conduites de manières relativement séparées. La question notamment de l’inter-traductibilité ou inter-réductibilité éventuelles n’ont pas été suffisamment développées : le déontique et l’axiologique n’ont pas assez été étudiés dans leurs connexions intimes. Or les liens entre les normes et les valeurs sont au cœur du discours évaluatif et les sciences sociales gagneraient à cet effort de précision de ces deux dimensions de la l’action et du raisonnement. C’est dans cette optique que seront développées des discussions sur le caractère premier des unes ou des autres, dans le domaine juridique, moral et cognitif. En effet il sera insisté sur les normes et les valeurs cognitives. Mensuel annuel/bimensuel semestriel (12 h = 3 ECTS)

Philosophie politique et démocratie : (I) Hobbes et les théories contemporaines de la justification, Luc Foisneau (CNRS, CESPRA) Planning en cours de validation La question qui servira de fil conducteur à ce premier séminaire d’une série qui se prolongera les années prochaines porte sur la nature, la fonction et les limites de l’argumentation morale dans la philosophie politique contemporaine. Si Rawls, Nozick et Gauthier, notamment, font appel à des arguments moraux, ces derniers ont des styles et des finalités très différents. Nous voudrions interroger ces différences, en nous interrogeant d’une part sur la manière dont le cadre démocratique retenu par ces auteurs intervient dans leur argumentation morale et en nous demandant, d’autre part, comment des arguments de Hobbes, Locke et Kant, qui ont été formulés dans des contextes politiques étrangers aux formes contemporaines de la démocratie, ont pu jouer un rôle déterminant dans les théories contemporaines de la justification démocratique. Le séminaire portera sur la spécificité des arguments moraux utilisés par Hobbes et leur postérité dans la philosophie de la démocratie au XXe siècle. Invitation : Véronique Munoz-Dardé (date à définir). Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Philosophies contemporaines de la démocratie (3) : La liberté d’expression, Charles Girard (Université Jean Moulin Lyon 3) S2 mardi 12h-14h Dans la continuité des séminaires conduits en 2014-2015 et 2015-2016 (mais sans exiger des étudiants qu’ils y aient assisté), ce séminaire proposera une initiation aux philosophies contemporaines de la démocratie. Il prendra pour fil directeur l’étude des dilemmes de la liberté d’expression. En quoi consiste cette liberté ? Se réduit-elle à un droit formel individuel ? Quelles limites peut-elle admettre ? Celles-ci peuvent-elles être définies sans arbitraire ni partialité ? Peut-on assurer une liberté d’expression réelle ? Quelles en sont les conditions juridiques et sociales ? Après avoir considéré les formulations juridiques les plus influentes du principe de la liberté d’expression, notamment dans les textes constitutionnels et conventionnels, on étudiera les débats philosophiques qu’il a suscité depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en particulier dans la tradition anglophone. On considérera d’abord les principales formulations philosophiques de ce principe. Elles le relient à des fondements normatifs distincts, telles l’utilité sociale, dans la lignée millienne, ou l’autonomie individuelle, dans la lignée kantienne (T. Scanlon). Elles engagement également des interprétations rivales du droit individuel qu’il définit : droit absolu protégé contre le pouvoir politique (R. Dworkin) ou droit relatif délimité par des choix politiques (S. Fish). On examinera ensuite des catégories d’actes expressifs particulièrement contestées, et ayant concentré l’affrontement théorique entre approches permissives et approches répressives : la pornographie (B. Williams, A. Dworkin et C. Mackinnon) et les discours de haine (R. Post, J. Waldron). On étudiera enfin les théories enracinant le principe de la libre expression dans l’idée du gouvernement du peuple par et pour le peuple (A. Meiklejohn, C. Sunstein) et rejoignant par-là l’intuition tocquevillienne selon laquelle « dans un pays où règle le dogme de la souveraineté du peuple, la censure n’est pas seulement un danger, mais encore une grande absurdité ». Il s’agira d’évaluer si une interprétation spécifiquement démocratique de la liberté d’expression est à même de résoudre les difficultés conceptuelles et théoriques soulevées par ce droit, régulièrement célébré en son principe et constamment contesté dans sa pratique. La bibliographie, le calendrier de lecture et les textes seront distribués en début de semestre.

Lectures lévinassiennes : Une autre voie phénoménologique (Les philosophies de l’histoire et les philosophies du monde), Danielle Cohen-Levinas (Archives Husserl) Mardi de 18h à 20h, Salle Langevin (29 rue d’Ulm). Dates : 8 et 15 novembre 2016 ; 6 décembre 2016 ; 3, 10, 17, 24 et 31 janvier 2017 ; 28 février 2017 ; 7, 14 et 28 mars 2017. La philosophie d’Emmanuel Levinas aborde la question de l’éthique de manière radicalement différente à la tradition philosophique. Loin de considérer que l’éthique doit se rattacher comme chez Kant à un principe rationnel et à une valeur morale, Levinas part de l’idée que l’éthique surgit dans le rapport à autrui, et non pas en référence à l’universalité de la loi. Là résiderait précisément le rapport à l’autre homme comme être unique et incomparable, comme absolument autre. Là résiderait la véritable signifiance du sensé, le fait que l’autre homme est comme dépouillé de tout rôle social et qu’il s’expose à notre responsabilité dans sa nudité, sa vulnérabilité, sa mortalité. Nous étudierons cette année le rapport que Levinas entretient avec les philosophies de l’histoire et nous interrogerons la place qu’occupe la question du « monde ». Si, comme le dit Levinas, nous ne sommes jamais seuls au monde, moi et l’autre, si le tiers est aussi mon prochain, si le sujet se pose d’emblée pour l’autre, comme la seule qui soit à même de répondre et de porter la responsabilité, qu’en est-il alors de la structure éthique de la subjectivité face aux grandeurs et misères de l’Histoire ?

Philosophie des sciences sociales : problèmes de l’analyse conceptuelle et empirique des croyances collectives, Alban Bouvier (Aix-en-Provence) Le but de ce séminaire de philosophie des sciences sociales est, cette année, de traiter la question plus particulière de l’analyse des croyances collectives (religieuses, morales, politiques, scientifiques,etc.). On envisagera tant les problèmes que rencontre l’analyse conceptuelle que ceux que rencontre l’analyse empirique (ce qu’on appelle aussi les études de cas) Séance 1 : Modèles descriptifs et explicatifs classiques de Marx à Evans-Pritchard. Séance 2 : Modèles descriptifs « standards » de la philosophie de l’esprit contemporaine : croyance versus acceptation (L-J. Cohen ; D. Sperber) ; croyance et acceptation individuelles versus engagement conjoint (M. Gilbert). Confrontations conceptuelles et empiriques. Séance 3 : Modèles descriptifs anthropologiques et sociologiques plus complexes (croyances sur des croyances : J. Elster, T. Kuran) et plus simples (engagement unilatéral : G. Davy, E. Ortigues). Confrontations conceptuelles et empiriques. Séance 4 : Modèles explicatifs de la sociologie analytique contemporaine (I) : mécanismes conscients et inconscients de formation, de diffusion et de disparition des croyances collectives. Séance 5 : Modèles explicatifs de la sociologie analytique contemporaine (II).Les raisons de croire et de ne pas croire. Le rôle de l’argumentation et de la rhétorique dans la dynamique des croyances collectives. Séance 6 : Etude de cas : l’islam contemporain. Références essentielles du séminaire : Jarvie, I.C. & Zamora-Bonilla, J. (eds), (2011), The Sage Handbook of the Philosophy of Social Sciences, London, Sage Publications ; Hedström, P. and Bearman, P. (eds), 2009, The Oxford Handbook of Analytical Sociology, Oxford, Oxford University Press ; Cohen, L.J., 1992, Belief and Acceptance ; Gilbert, M., 2003, Marcher ensemble, Paris, P.U.F ou Gilbert, M., 1989, On Social Facts, Princeton, Princeton University Press ; Elster, J., 1990, Psychologie politique, Paris, Ed. Minuit ; Khosrokhavar, F. (2002), Les nouveaux martyrs d’Allah, Paris, Flammarion Pré-requis : a) connaissance de bases solides en philosophie et b) curiosité pour les sciences de l’homme et de la société dans leur diversité. Pour les étudiants de master : contrôle sur un mini-mémoire. 3ECTS Renseignements : bouvier.alban@hotmail.fr

Épistémologie sociale : les passions sociales, Gloria Origgi Une thèse très répandue dans les sciences sociales (cf. Hirschman, 1977) voit la modernité ancrée dans la canalisation des passions par la raison, censée s’imposer de plus en plus dans la prise en compte des normes universelles et dans la prédominance de l’intérêt dans la réglementation des interactions humaines. La résurgence des passions dans les conflits contemporains, le rôle des valeurs symboliques dans le débat public et dans la mobilisation sociale, mettent en question cette thèse. Il semble difficile aujourd’hui de comprendre les motivations de l’action sociale sans référence aux passions. Pourtant, les passions, si bien analysées dans leur genèse dans la pensée philosophique classique (cf. Moreau, 2003, 2006), ne font pas l’objet d’une étude systématique dans les sciences sociales et dans la philosophie morale contemporaine. Leur rôle en tant que “mobile” de l’action sociale semble mis en question par la sémantique même du mot “passion” qui renvoie à quelque chose de subi et non pas à une action intentionnelle (cf. Auerbach 1941). La littérature ancienne en effet, d’Aristote à Sénèque, se concentre sur l’usage des passions, sur ce que nous pouvons faire avec elles, au lieu de les lire comme des mobiles de l’action. Ce séminaire interroge le savoir contemporain en sciences sociales, cognitives et en philosophie pour comprendre le rôle des passions en tant que mobiles de l’action sociale et politique et essaie d’articuler les causes et les effets des passions avec les théories contemporaines de l’action collective. Détail des séances : Introduction : Passion et intérêt ; De l’usage des passions chez les anciens à la géométrie des passions chez les modernes ; L’honneur, la réputation ; L’humiliation ; La honte ; Le ressentiment ; L’altruisme ; L’excellence ; La colère ; L’indignation ; Présentations des étudiants. Des textes seront distribués à chaque séance. E. Auerbach (1941) “Passio als Leidenschaft” ; J. Elster (2011) Passion, raison et délibération, Ed. Michelin ; A.O. Hirschman (1977) The Passions and the Interests, Princeton UP. ; P.F. Moreau (2003) (dir) Les passions antiques et médiévales, PUF ; P.F. Moreau (2006) (dir) Les passions à l’âge classique, PUF. Pré-requis : ouvert M1 et M2, connaissance de l’anglais requise. Validation : une présentation orale en classe et un écrit final de 2500 mots. 6 ECTS Renseignements : gloria.origgi@gmail.com

C) PHENOMENOLOGIE ET METAPHYSIQUE

Les Lundis de la Philosophie, Francis Wolff (ENS) : S1 et S2, 6 ECTS par semestre Ce séminaire est destiné à présenter et à discuter quelques aspects originaux de la pensée philosophique « en train de se faire ». Chaque séance se divise en deux parties : un exposé, généralement fait par un invité, qui avance des propositions personnelles sans autre arme que des arguments ; une reprise et discussion par F. Wolff des thèses soutenues, suivies de questions de la salle. Premier semestre : en alternance, une séance « métaphysique », une séance « philosophie générale ». A partir du 3 octobre. Second semestre : en alternance, une séance « philosophie de l’art et esthétique », une séance « philosophie générale ». A partir du 30 janvier. Les deux semestres peuvent être validés indépendamment selon des conditions qui seront précisées lors des premières séances. Pour être au courant des activités du séminaire, adresser un mail blanc à francis.wolff@ens.fr avec comme Objet : lundis Lieu : salle Dussane (45 rue d’Ulm), 17h-19h

Les objets ordinaires. Lectures de textes de métaphysique contemporaine, Jean-Pascal Anfray S1, 6 ECTS Les objets ordinaires (chaises, tables, des statues ou des véhicules, chats et chiens, êtres humains, etc.) sont des entités matérielles, composées de parties. Bien que leur existence aille de soi dans le discours courant, de nombreux paradoxes sur leur identité et à leur unité peuvent être formulés à leur sujet — le plus célèbre étant le Bateau de Thésée. Certaines solutions conduisent, paradoxalement, à rejeter l’existence des objets ordinaires, d’autres à accepter une prolifération d’objets. Ces questions sont au cœur de l’ouvrage de Peter Van Inwagen, Material Beings (Cornell University Press, 1990) dont la lecture servira de fil directeur à ce séminaire. Jeudi de 10h00 à 12h00, salle Pasteur

Séminaire de Méthodologie, Paul Clavier (ENS) S1 et S2, 6 ECTS par semestre Ce séminaire a une double vocation : permettre aux étudiantes et aux étudiants de se mesurer aux exigences (bibliographiques, typographiques, conceptuelles, problématologiques) du travail de recherche en présentant oralement leurs projets de M2 ; leur proposer également des exercices oraux et écrits de définition conceptuelle, d’analyse argumentative et de mise en forme didactique. Le mardi, de 14h à 16h. Salle Pasteur (45, rue d’Ulm) DÉBUT DU COURS AU S2 : 21 FÉVRIER

Anthropologie et phénoménologie de la technique ? Jean-Claude Monod (Archives Husserl, ENS), Christian Sommer (Archives Husserl, ENS) S2, 6 ECTS Par-delà la diversité des techniques et une situation contemporaine où les frontières entre le « naturel » et le « technique » semblent toujours plus instables, peut-on saisir une « essence de la technique » (Heidegger) ou de la « technicité » (Simondon) ? Le « monde de la vie » n’est-il pas technicisé de part en part (Blumenberg), n’est-il pas devenu « fantôme et matrice » (Anders) ? La distinction originelle entre physis et technê est-elle obsolète, et faut-il parler, avec Plessner et Gehlen, d’« artificialité naturelle », ou envisager les techniques comme prolongements et substituts des organes, aboutissant peut-être à une « domination de l’organique par l’inorganique » et à l’« effacement de l’humain au profit du posthumain » ? Ce séminaire aimerait examiner ces questions anticipées ou soulevées par la philosophie du XXe siècle au croisement de trois sources, dont il s’agira de confronter les approches : la phénoménologie, l’anthropologie philosophique et la philosophie du vivant.

Métaphysique analytique, Uriah Kriegel S2, 6 ECTS Dans ce cours nous allons lire et discuter dix articles de philosophie analytique concernant la métaphysique des propriétés. Nous allons discuter chaque article d’une façon méthodique, en trois étapes : 1) identification de la thèse principale de l’article ; 2) reconstruction de l’argument central pour cette thèse ; 3) décision portant sur l’acceptabilité de la thèse. Renseignements : theuriah@gmail.com Pré-requis : Compréhension de textes en anglais. lundi de 14h à 16h DÉBUT DU COURS LE 20 FÉVRIER

Atelier de philosophie expérimentale, Brent Strickland (CNRS, IJN ) Planning en cours de validation Le but de ce séminaire est d’introduire les étudiants, postdocs ou chercheurs intéressés à la philosophie expérimentale (ou "Xphi"), un domaine émergent à l’interface entre la philosophie, la psychologie, et la linguistique. La philosophie expérimentale applique des méthodes empiriques (typiquement des expériences menées par internet) à l’étude de questions ayant un intérêt philosophique, telles que la morale, la perception, le langage, ou le raisonnement scientifique. Les participants pourront créer et exécuter leurs propres expériences, et recevront des retours sur leurs idées et leurs travaux. L’atelier s’adresse aux étudiants et chercheurs de tous niveaux, de divers domaines, notamment : l’informatique, la philosophie, la psychologie, la linguistique, l’anthropologie, et la sociologie. (= 9 ECTS)

Introduction à la Philosophie Contemporaine de la religion, Paul Clavier (ENS) S2 Lundi 10h-12h Salle Pasteur (6ECTS) La philosophie contemporaine de la religion, enfreignant l’interdit kantien ou néo-positiviste, entreprend de conceptualiser et d’évaluer l’existence et les attributs d’agents surnaturels, ou de réfléchir au statut de la croyance religieuse. A partir d’une typologie de la discipline, ce séminaire introductif propose de présenter et de discuter les versions actuelles de l’argument ontologique, cosmologique ou téléologique et leurs critiques, ainsi que deux arguments contre l’existence de Dieu (Rowe et Schellenberg), puis d’examiner les débats contemporains portant sur les attributs de Dieu (omnipotence, temporalité, omniscience, simplicité) ou sur le degré de justification possible de croyances religieuses.

D) LA PHILOSOPHIE DU XXe SIECLE : PERSPECTIVES HISTORIQUES ET CRITIQUES

Philosophie, Littérature et Linguistique, la question de l’histoire (II) : Foucault et les historiens Perrine Simon-Nahum (CNRS-ENS), Judith Revel, (PR Paris Ouest Nanterre La Défense) Vendredi, de 9h à 12h, salle Celan (ENS) S2 On tentera de reconstruire le dialogue que Foucault a entretenu avec un certain nombre d’historiens depuis le début de son travail jusqu’au moment de sa disparition. Ce dialogue est d’autant plus complexe qu’il est travaillé par un double principe de transformation : transformation de la pensée de Foucault lui-même, d’une part, et transformation profonde de la pratique de l’histoire et de la réflexion historiographique entre le début des années 1960 et le début des années 1980, de l’autre. On portera une attention toute particulière aux modalités d’écriture (philosophique) de l’histoire et à la manière dont l’écriture littéraire, la fictionnalisation et la référence à la matérialité documentaire des archives jouent tour à tour, ou simultanément, dans l’écriture foucaldienne. début du séminaire : 3 FEVRIER 2017

Philosophie française contemporaine , Frédéric Worms S1 Lundi 15h30- 17h Ce séminaire doctoral mensuel ouvert à tous s’inscrit dans les activités doctorales proposées par l’USR République des savoirs. Il portera plus précisément sur la Philosophie française contemporaine prise en un sens large : études sur auteurs, relations, problèmes, dans la philosophie du XX° siècle en France et aujourd’hui. Chaque séance sera centrée autour d’un exposé sur un travail doctoral (parfois prédoctoral ou postdoctoral) en cours, en particulier au sein de l’ED 540. Une journée d’étude viendra chaque année clôturer le séminaire, suivie d’un pot de fin d’année.

Le moment du vivant, Frédéric Worms S2 Lundi 15h30- 17h Le problème du vivant n’est plus aujourd’hui un problème "local", il traverse et bouscule tous les domaines de la connaissance et de l’action, depuis les fondements de l’esprit (dans le cerveau) jusqu’à la préservation de la vie (dans l’univers), en passant par le rapport de l’homme et de l’animal, le soin et le pouvoir entre les vivants, l’expression de la vie qui fait retour dans la littérature et dans l’art. Mais c’est comme problème que le vivant entre dans ces domaines, c’est à travers la diversité si frappante des approches nouvelles qu’il suscite, que se constitue le moment philosophique (mais aussi scientifique et historique) présent, comme moment du vivant. C’est à ce titre aussi qu’il suppose à la fois une rupture et une reprise avec les précédents moments philosophiques, et pas seulement en France. Le but du présent séminaire est non seulement de donner une première carte de ce moment, mais de tenter de le parcourir et de le penser, en acte. 6 ECTS

Domination et reconnaissance : les théories de la reconnaissance, sources et critiques, Jean-Claude Monod, S1 La thématisation hégélienne de la « lutte pour la reconnaissance » a fait l’objet de réappropriations multiples dans la philosophie contemporaine. Ce cours voudrait à la fois 1) revenir sur les sources hégéliennes (écrits d’Iéna, Phénoménologie de l’Esprit, Principes de la philosophie du droit) et sur les différentes articulations qu’elles avancent entre les notions de domination, de reconnaissance et de réconciliation, 2) reconstruire la série des réinterprétations marquantes et 3) interroger les effets d’un certain déplacement, d’approches centrées sur le moment du risque de la mort violente et de la soumission au travail (Kojève, Bataille…) vers des relectures qui privilégient le fil de la réaffirmation subjective des « dominés » et de la construction des identités au sein des relations d’assujettissement (Honneth, Butler…). 6 ECTS

Impensé et histoire des limites, Jean-Claude Monod S2 La catégorie d’ « impensé » a été mise en œuvre dans la philosophie du XXe siècle pour suggérer qu’une perspective théorique, une « façon d’interroger » l’être se paie toujours de l’occultation d’autres perspectives possibles. C’est son emploi par Heidegger qui l’a consacrée, mais on retrouve la notion chez Althusser pour appréhender comment une pensée, par exemple celle de Rousseau, n’a pu poser la question du contrat social qu’en « impensant » une situation d’inégalité des propriétés qu’il avait pourtant exposée par ailleurs. Mais est-il possible de cerner l’impensé d’une pensée ? Ne s’agit-il pas d’un concept-limite ? Ce cours voudrait examiner la validité de cette catégorie et la mettre à l’épreuve, en croisant la critique qu’en livre Foucault au chapitre « Le cogito et l’impensé », de Les Mots et les choses, et en nous demandant si ce qu’il a lui-même construit au titre d’une « histoire des limites » ne traduisait pas une tentative parallèle. 6 ECTS

Les vicissitudes de la vérité dans le projet politique moderne, Frédéric Brahami, (EHESS, CRH-GEHM) Planning en cours de validation Les modernes pensent le projet d’autonomie sous la catégorie de la volonté. Volonté du peuple d’un côté, droits subjectifs de l’autre – la liberté se dit dans le langage de la volonté. La volonté serait-elle donc l’instance suprême qui décide du statut politique des savoirs de la société, ou bien n’y aurait-il pas, sous la surface des procédures démocratiques, l’exigence persistante mais difficile à formuler d’un savoir qui prétend gouverner "quand même" ? C’est ce problème que le séminaire élaborera, en explorant notamment le corpus du XIXe siècle français, qui montre que la pensée politique et sociale n’a cessé en réalité de s’interroger sur les critères de vérité propres à un régime discursif dans lequel la volonté était déjà aux commandes. On suivra les grandes lignes de force épistémologiques qui structurent les positions diverses dont nous héritons et que nous perpétuons, parfois sans le savoir. Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

L’observatoire des mœurs (II). Littérature Éthique Sciences Sociales, Barbara Carnevali, (EHESS, CRAL) Planning en cours de validation Certaines formes littéraires partagent avec les sciences humaines et sociales une même aspiration à la connaissance de la réalité humaine, et cette aspiration fait de la littérature un partenaire incontournable des anthropologues, des historiens, des psychologues, des sociologues... À partir de cette conviction, ce séminaire aura pour objet la valeur cognitive de la littérature centrée sur la notion de « mœurs ». On partira du présupposé que le règne spécifique de la connaissance de l’homme est l’ethos, c’est-à-dire les mœurs dans leurs multiples modalisations spatio-temporelles, et qu’un tel terrain d’enquête offre une base concrète et phénoménale à la rencontre de la littérature, de l’éthique et des sciences sociales. Notre base philosophique sera représentée pars les grandes théories de la vie éthique d’Aristote et d’Hegel et par ces auteurs contemporains qui reproposent une approche aristotélicienne ou hégélienne de l’ethos et de la littérature, comme Descombes, Gadamer, Honneth, MacIntyre, Nussbaum, Taylor. Notre terrain d’enquête sera représenté par les romans contemporains qui portent sur les transformations des mœurs sexuelles et familiales dans la société contemporaine à partir des années 60. Après avoir discuté, dans le premier volet du séminaire en 2015-2016, des romans portant sur la libération sexuelle (Michel Houellebecq : Extension du domaine de la lutte, 1994 et Les Particules élémentaires, 1998 ; Ian McEwan : On Chesil Beach, 2007 ; Annie Ernaux : Les Années, 2008) nous allons compléter notre parcours an analysant des romans portant sur la famille : Philip Roth : American Pastoral, 1997 et Patrimony, 1991 ; Michael Cunningham, Flesh and Blood, 1995 ; Jonathan Franzen, Corrections, 2001 et Freedom, 2010 ; Abraham B. Yehoshua, Un Divorce tardif, 1982. Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Anthropologie générale et philosophie, François Dingremont (Institut d’études avancées de Nantes), François Flahault, (CNRS, CRAL-CEHTA), Jean Jamin (EHESS, IIAC-LAHIC ), Lorenzo Vinciguerra (Université d’Amiens, EHESS) Planning en cours de validation Que sommes-nous ? L’anthropologie générale doit rester un chantier ouvert. Il est nécessaire d’expliciter les présupposés qui sous-tendent la conception occidentale de l’individu et de la confronter aux conceptions que d’autres cultures ont élaborées – conceptions qui, possiblement, mettent le doigt sur des aspects de la condition humaine que nous sous-estimons. Il est également nécessaire de confronter ces présupposés aux connaissances nouvelles provenant aussi bien des sciences humaines que de la biologie, de la primatologie ou de la paléoanthropologie. Le séminaire se propose d’explorer les révisions considérables qui en résultent.

Raison et émancipation, Roberto Frega Planning en cours de validation En continuité avec les travaux des années précédentes, le séminaire de cette année se propose d’interroger la notion d’émancipation à partir de ses bases épistémiques. Nous le ferons en étudiant comment deux traditions majeures de la philosophie sociale contemporaine — le pragmatisme et l’Ecole de Francfort — ont réfléchi à cette question. Nous partirons du projet pragmatiste de philosophie sociale pour le comparer à celui, contemporain, d’une théorie critique de la société, pour nous pencher ensuite sur son évolution à travers l’idée d’un « intérêt à l’émancipation ». Cette interrogation nous conduira à réfléchir au statut du progrès en tant que catégorie politique progressivement soustraite au domaine de la philosophie de l’histoire et ré-inscrite dans celui de la philosophie sociale et politique.

La quête de Certitude (J. Dewey), Mathias GIREL S2, 6ECTS L’œuvre tardive de Dewey commence à être largement disponible pour le public français, et le cours s’appuiera ce semestre sur la traduction récente de La Quête de certitude (tr. Patrick Savidan, Paris, Gallimard, 2014). Le cours proposera une introduction à ce qui est à la fois un livre « total », en ce qu’il traite de presque tous les aspects majeurs de la philosophie de Dewey, et une excellente introduction les problèmes éthiques, politiques, mais aussi épistémologiques et métaphysiques qui structurent cette œuvre. L’ouvrage pourra intéresser aussi bien les lecteurs de Dewey que tous ceux qui ont, au-delà de la question du pragmatisme, un intérêt général pour ces thématiques. Jeudi 14H00-16H00 salle Cavaillès.

Epistémologie des théories du complot, Mathias Girel. S1, 6 ECTS Les « théories du complot » ont été récemment l’objet d’une attention croissante, en raison de leurs conséquences éthiques et politiques et des défis qu’elles présentent pour l’éducation. Elles soulèvent également d’épineux problèmes épistémologiques, liés à l’autorité épistémique, à la distinction entre les arguments complotistes et les « enquêtes » que livrent les sciences de la nature et les sciences humaines, ainsi qu’à l’éthique de la croyance et à l’attribution d’intentions. Le cours, s’il prendra comme exemple privilégié les théories du complot, notion dont il faudra caractériser de manière critique, fournira une introduction à ces enjeux philosophiques, à partir de textes contemporains qui seront distribués en cours. Vendredi de 13h00 à 15h00, salle Cavaillès

Une « technique du sujet » ? Les transformations philosophiques de la méditation, Jean-Claude Monod, S1 Dans ses cours sur Nietzsche, Heidegger (reprenant une suggestion de Max Weber) estime que, dans les Temps modernes, la recherche chrétienne de la certitude du salut a cédé la place, avec la métaphysique de Descartes, à la quête de certitude du sujet. A cette notation fait écho celle de Foucault, dans L’herméneutique du sujet, selon laquelle le sujet moderne se redéfinit comme sujet de connaissance et se dissocie d’une figure « spirituelle » antérieure, opération qui serait visible dans la reprise par Descartes de la « technique de vérité » spirituelle par excelle, la méditation. Si la méditation est une des « techniques de vérité » fondamentales de l’Occident, on voudrait esquisser dans ce cours une histoire des transformations de la réflexivité philosophique jusque dans les reprises ultérieures de la forme de la méditation, chez Husserl (Méditations cartésiennes) et Bourdieu (Méditations pascaliennes). 6 ECTS

Éthologie philosophique. Mutation, hybridation, contamination : éthologie, littérature, et philosophie, Dominique Lestel (ENS)

La vie partagée homme/animal relève à la fois de l’espace scientifique, de la sphère philosophique et des mises en cause littéraires. Vivre avec l’animal n’est pas seulement partager un territoire, des affects ou des activités multiples. C’est aussi évoquer les débordements sauvages des uns dans les autres, les transformations conjointes des uns et des autres, et les aventures métaboliques les plus étranges à la suite de rencontres inopinées ou au contraire d’expositions recherchées. L’enjeu n’est pas seulement culturel ou psychologique, il est fondamentalement ontologique. L’objectif du séminaire est de mobiliser les outils et les ressources d’une éthologie constructiviste et sémiotique, d’une philosophie qui flirte avec la transgression conceptuelle et d’une littérature qui assume la jouissance de la fiction et sa puissance épistémologique, pour penser pleinement les proximités intenses qui bousculent les rapports des êtres vivants entre eux. Cette année, trois formes de tentation structureront le séminaire : celles de la mutation, celles de l’hybridation et celles de la contamination.

Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS) Jeudi 15h-17h salle Cavaillès

Création, cognition et société, Jean-Marie Schaeffer ( l’EHESS (TH) ,CRAL) Planning en cours de validation Le séminaire de cette année tente d’élaborer un cadre théorique de l’étude des arts et de l’expérience esthétique qui tienne compte des trois défis majeurs que doit affronter cette : a) Un contexte historique caractérisé par l’importance accrue des pratiques artistiques dans les sociétés contemporaines (voir le récent rapport de l’Unesco consacré à l’importance économique des pratiques culturelles et artistiques dans la richesse économique) accompagnée d’une dé-définition du champ "classique" ddes arts sous la poussée notamment des pratiques culturelles issues des technologies modernes (photographie, cinéma, vidéo, créations numériques) ; b) la transformation des cadres cognitifs de l’étude des arts et des pratiques créatrices (dépassement de la séparation entre pensée humaniste et culture scientifique) et la mise en œuvre de nouveaux outils cognitifs : études expérimentales, modélisation mathématique, études quantitatives et statistiques, big data mining, ; c) la prise de conscience du fait que l’activité artistique elle-même un processus spécifique d’expérimentation cognitive, ce qui ouvre la voie à des dispositifs de recherche hybrides. Ce séminaire, qui accordera une place importante au cinéma conçu comme exemple paradigmatique de la dédéfinition de l’art, à l’analyse philosophique de la dimension cognitive des pratiques artistiques et au problème du statut socialement partagé des ressources cognitives mobilisées par les arts est adossé au programme de recherche IRIS (PSL) "Création, cognition et société". Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Les artefacts cognitifs : précurseurs, traces et ombres, Roberto Casati (CNRS, IJN) Planning en cours de validation L’utilisation massive des artefacts cognitifs (une vaste famille d’outils qui modifient certains de nos connaissances en contexte) est une signature de notre espèce et caractérise maints aspects de la culture humaine. Or si un grand nombre d’artefacts cognitifs sont dérivés (la notation musicale nait de l’écriture verbale, les cartes sont redéssinées grâce au GPS, etc.), certains (comme le dessin au trait) semblent être « primitifs », en ce sens que aucun précurseur culturel n’est documenté pour eux, et que postuler un « recyclage sans fin » crée une régression théoriquement insatisfaisante. Mais comment ces artefacts primitifs ont-ils pu voir le jour ? Une hypothèse simple (Kennedy 1975) est qu’ils ont été tout simplement découverts ; certains patterns environnementaux, tels que les traces laissées par une feuille d’arbre sur une pierre, ont prouvé que la perception des contours suffit pour la reconnaissance. Dans ce séminaire, nous poserons d’abord les jalons d’une théorie des artefacts cognitifs en nous appuyant sur des exemples très variés, de la notation musicale aux cartes pour la navigation, des diagrammes des nœuds aux files d’attente. Nous définirons une méthodologie pour étudier les précurseurs d’artefacts cognitifs : des patterns exemplaires dans l’environnement qui peuvent être recyclés dans le but de créer des outils pour la connaissance. Notre attention se tournera ensuite vers une étude de cas, les ombres portées comme précurseurs d’images – une idée validée par la tradition classique, notamment par le récit de Pline l’Ancien dans la Naturalis Historia. Nous montrerons comme la recherche est fortement contrainte par des facteurs environnementaux et biologiques : une grande partie de l’information contenue dans les ombres, par exemple, n’est pas utilisable par le système visuel, qui d’ailleurs fait appel à une logique propre, parfois surprenante, pour résoudre des problèmes de reconstruction de la scène grâce aux ombres. Etonnamment, les détails de cette logique ont été révélés par le travail de générations de peintres, que nous étudierons en nous appuyant sur un vaste corpus d’images. Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Imagination productrice, poétique et sciences sociales Olivier Abel, (Institut Protestant de Thoélogie/ CRAL) Rodolphe Calin (Université Paul-Valéry Montpellier 3) Michael Foessel (École Polytechnique) Johann Michel, (Université de Poitiers, IMM-CEMS) Planning en cours de validation La question de l’imagination est au cœur de nombreuses recherches, axées tantôt sur la morphologie de l’imagination et son rapport à la perception et à la cognition, tantôt sur le rôle de l’imagination dans la formation des croyances, la création institutionnelle, la formation des imaginaires sociaux. Le séminaire naît du souci de confronter ces enjeux, en ne séparant pas la réflexion sur le fonctionnement de l’imagination de l’enquête sur sa portée, ses effets et ses produits. Pour cela, nous proposons de mettre en avant une figure de l’imagination apparue dans la philosophie, surtout depuis son site kantien, et sans cesse réinvestie ensuite dans divers champs du savoir (littérature, sociologie, histoire…) : l’imagination productrice. Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

La croyance instituée (III). Religion et politique chez les modernes Bruno Karsenti (EHESS, IMM-LIER ) Planning en cours de validation Dans notre situation pratique et intellectuelle, une difficulté est toujours plus criante : nous sommes désarmés, au propre et au figuré, face à ce qui, du côté de motivations religieuses revendiquées, se montre capable de mettre à bas nos convictions les plus enracinées en termes de respect de la personne, de garantie des droits et de justification des normes communes. L’hypothèse qui guide ce séminaire est qu’un point de vue science sociale du religieux doit être reconstruit afin d’affronter cette difficulté, donner sens à ce qui nous en paraît dépourvu, et fonder une position critique qui reconnaisse au religieux sa teneur propre. Le corpus à partir duquel nous mènerons cette reconstruction puisera à trois sources : le questionnement classique en sociologie et en anthropologie religieuse, la dimension théologique présente dans la tradition de philosophie politique, et enfin une série d’essais contemporains qui sont parvenus à remettre au creuset, à la lumière de la situation présente, une vision simpliste de la sécularisation. Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

La nature en politique : les transformations écologiques de la modernité. Pierre Charbonnier (CNRS, IMM-LIER ) Planning en cours de validation Le séminaire "La nature en politique" s’adresse à tous les étudiants qui souhaitent aborder les questions environnementales à partir de la philosophie, et de façon ouverte aux sciences sociales. Il s’agira cette année d’approfondir le questionnement sur la place de la nature dans l’histoire de la pensée politique moderne, en se donnant pour point de départ les révolutions politiques et industrielles du 19e siècle. En faisant de l’appropriation et de l’abondance les conditions matérielles de l’exercice de la liberté, ces révolutions ont donné aux rapports collectifs à la nature une orientation historique qu’il s’agit aujourd’hui de dépasser. Le développement d’une philosophie politique écologique correspond donc à une transformation de ces catégories de la rationalité sociale, qui est à l’oeuvre dans diverses traditions actuelles. Nous nous intéresserons donc à la fois à la dynamique historique des médiations entre nature et société, mais aussi aux propositions contemporaines élaborées pour en montrer la contingence, les limites, l’injustice. Nous développerons notamment cette année les questions relatives à l’appropriation de la terre, des espaces de vie, de leurs capacités productives, à la fois à partir de cas empiriques présents et passés, et d’élaborations théoriques issues de la philosophie politique. Ce séminaire peut être validé par tous les étudiants, soit comme séminaire libre, soit à l’intérieur de la mention "Etudes politiques". Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)