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Elizabeth Anscombe et la philosophie contemporaine


SAMEDI 16 MAI 2009

Journée ExeCO (Philosophie, Université Paris 1)
Avec la participation du Département de Philosophie de l’ENS

Élève, exécutrice testamentaire et grande commentatrice de Wittgenstein, férue de philosophie ancienne en général et d’Aristote en particulier, thomiste et catholique militante, professeur de Cora Diamond et collègue aînée de Philippa Foot, initiatrice peut-être malgré elle de l’éthique dite des vertus et de la philosophie de l’action contemporaine, Anscombe fut assurément une des personnalités philosophiques les plus fortes, diverses et controversées du 20ème siècle. En défendant la primauté des relations causales singulières sur les régularités nomiques dès 1971, la non-référence de « je », ou encore l’idée qu’une connaissance authentique peut viser à accorder le monde à l’esprit et non l’inverse, Anscombe cherche toujours à se situer au cœur de la philosophie analytique de son temps pour aller à contre-courant de certains de ses dogmes empiristes et idéalistes inaperçus. 
Plus encore que la variété des époques et des domaines philosophiques dont elle a traité, c’est cette attention opiniâtre et sans concession aux questions qui marquait ses élèves et aujourd’hui ses lecteurs. Anscombe est une philosophe à la mode analytique et pourtant aussi dans le sens ancien du terme, au sens des questions platoniciennes qu’elle ne cesse, comme le Socrate des dialogues, de remettre sur le métier par des exemples simples, triviaux, apparemment inoffensifs et souvent dévastateurs. C’est aussi une remarquable lectrice, capable de décliner sur une même question Aristote et Wittgenstein, Brentano et Descartes ou encore Austin et les médiévaux tout en prenant toujours soin de bien préciser les failles qui séparent les modernes des anciens. En bref, une des rares figures contemporaines qui permettent peut-être de croire en l’unité de la philosophie.
En envisageant plusieurs facettes de cette pensée extraordinairement dense, la journée se propose de mieux comprendre cet auteur de plus en plus citée mais pas toujours bien connue et de montrer la pertinence de ses thèses pour de nombreux débats et questionnements actuels.
 
 
PROGAMME

Matinée : Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne - 12, Place du Panthéon, salle 216

9h00-9h15 Présentation de la journée par Valérie Aucouturier (Paris 1) et Marc Pavlopoulos (ENS)

9h15-10h00 Bruno Gnassounou (Université de Nantes) : « Proposition et connexion non prédicative »

10h00-10h45 Marc Pavlopoulos (ENS) : « Connaissance sans observation, connaissance pratique et connaissance de soi : quelques remarques grammaticales »

10h45-11h00 pause

11h00-12h45 : la première personne

11h00-11h30 Rachel Wiseman (Université d’York) : « Anscombe and McDowell on intentions and I »

11h30-12h15 Vincent Descombes (EHESS) : « La référence à soi »

12h15-12h45 Table ronde avec Vincent Descombes, Bruno Gnassounou et Rachel Wiseman.

Après-midi : École normale supérieure - 45, rue d’Ulm, salle Cavaillès

14h15-15h00 Valérie Aucouturier (Paris-1 et Université de Kent) : « L’expression des intentions »

15h00-15h45 Philippe de Lara (Université Paris 2) : « Que prouve l’argument des stopping modals ? »

15h45-16h00 : pause

16h00-16h45 Roger Teichmann (Université d’Oxford, St Hilda’s College) : « Is Pleasure a Good ? »

16h45-17h30 Cyrille Michon (Université de Nantes) : « Libre arbitre et responsabilité morale »

17h30-18h00 Table ronde avec Vincent Descombes, Cyrille Michon et Roger Teichmann : Anscombe et la philosophie morale.

Contact : valerie.aucouturier@malix.univ-paris1.fr ; marc.pavlopoulos@ens.fr